«Le risque de bulle existe si cet environnement de taux bas perdure»
Julien Daire, responsable de la gestion crédit chez CPR AM
Publié le
Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Comment peut-on expliquer la performance continue du marché «high yield» euro ?
- Julien Daire : Comme en 2013, le principal soutien du marché high yield reste la recherche insatiable de rendement. En effet, les anticipations de remontée de taux sont sans cesse décalées dans le temps et la dernière communication de la BCE, particulièrement accommodante, n’est pas de nature à inverser cette tendance. Dans cet environnement, les investisseurs privilégient toutes les classes d’actifs offrant un surcroît de rendement important par rapport aux taux d’Etat core. En conséquence, les flux entrants dans les fonds high yield continuent d’être importants permettant ainsi d’absorber sans souci les nouvelles émissions qui affichent pourtant un nouveau record trimestriel (environ 24 milliards d’euros émis sur le premier trimestre).
- Existe-t-il des risques de bulle sur ce segment ?
- Bien sûr que le risque de bulle existe si cet environnement de taux bas perdure trop longtemps. Cependant, nous ne pensons pas être dans cette situation aujourd’hui car il n’y a pas encore de déconnexion avérée entre les niveaux de valorisation et les fondamentaux. En effet, l’environnement économique en zone euro continue à s’améliorer. Côté microéconomique, les profils de liquidité sont globalement sains et les émetteurs high yield commencent tout juste à adopter des stratégies financières plus agressives (retour aux actionnaires, hausse des capex et reprise des M&A). Coté valorisation, les taux de défaut implicites tirés des spreads restent encore en majorité supérieurs à la moyenne historique. Par conséquent, pas d’inquiétude pour le moment mais il faut garder à l’esprit que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel…
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