Le retour aux profits de Fannie Mae et Freddie Mac rebat les cartes de leur avenir
Fannie Mae, la société parapublique américaine de refinancement de prêts immobiliers, mise sous la tutelle de l’Etat en septembre 2008 pour éviter la faillite en pleine crise des subprimes, refait surface. Elle a publié la semaine dernière un bénéfice record au premier trimestre. Cette performance s’explique en partie par l’annulation d’une provision pour charges fiscales. Mais même sans cet élément exceptionnel, le bénéfice avant impôts ressort comme «le plus élevé de l’histoire de l’entreprise» à 8,1 milliards de dollars, a-t-elle indiqué.
Cette performance qui s’explique aussi par le rebond du marché immobilier, et l’amélioration des conditions de crédit va ainsi permettre au groupe de reverser 59,4 milliards de dollars au gouvernement américain d’ici fin juin. Sa consœur Freddie Mac, elle aussi contrôlée par l’Etat, versera à ce dernier 7 milliards de dollars après avoir réalisé le deuxième bénéfice net le plus élevé de son histoire au premier trimestre.
Ces bons résultats relancent aussi les spéculations autour de l’avenir de ces structures, et d’une éventuelle privatisation. «Fannie Mae est stable et viable financièrement. Cela pourrait être utilisé pour remettre en question juridiquement la tutelle actuelle», jugent les analystes de Société Générale dans une note publiée le 5 avril. «D’après la loi actuelle, il n’existe que deux portes de sortie à la tutelle : un retour au contrôle par des actionnaires, ou une administration judiciaire», poursuivent-ils. «Même si nous jugeons une telle remise en doute improbable, dans la mesure où il y aurait peu à gagner, la simple menace d’une résurrection de Fannie Mae pourrait finalement pousser le Congrès à restructurer le système de financement immobilier et revoir les statuts des entités semi-publiques», concluent-ils.
L’administration Obama et le Congrès ont d’ailleurs déjà indiqué qu’ils souhaiteraient à terme fermer Fannie Mae et Freddie Mac mais une entente peine à se dessiner sur la structure qui devrait les remplacer. Début mars, la Federal Housing Finance Agency (FHFA), l’organisme fédéral en charge de réguler les deux entités, a indiqué qu’il comptait les remplacer par une plate-forme unique de titrisation des prêts hypothécaires, qui pourrait être une entité publique.
Pour mener à bien la réforme, le président Obama souhaite installer le démocrate Mel Watt à la tête de l’institution en remplacement d’Edward DeMarco considéré comme trop conciliant, selon la presse anglo-saxonne.
Plus d'articles du même thème
-
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay -
« Le rebond récent paraît fragile »
Pierre-Alexis Dumont, Directeur des Investissements de Sycomore AM -
Le blocage d’Ormuz est chaque jour plus problématique
Plus le blocus du détroit d’Ormuz sera long, plus il sera difficile de normaliser la situation sur les marchés de l’énergie. Les mesures de compensation du déficit d’offre du Moyen-Orient vont s’épuiser. Avec un risque de pénurie et la nécessité que le détroit ouvre rapidement. -
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française. -
La justice américaine abandonne les poursuites contre Jerome Powell
Cette décision devrait ouvrir la voie à la nomination de Kevin Warsh en tant que prochain président de la banque centrale américaine. -
Argan verdit son financement
La foncière cotée a émis une obligation de 500 millions d’euros assortie d’un coupon proche de 3,8 % et conforme à son tout nouveau cadre de financement vert.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- Amundi attribue une rémunération de 2,67 millions d’euros à Valérie Baudson pour 2025
- Axiom AI doit parer aux aléas de toute fusion
Contenu de nos partenaires
-
Carburant : Macron se veut rassurant sur l’absence de pénurie en France
« Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation est contrôlée », a indiqué le président de la République, appelant à éviter la panique sur le sujet -
Mali : des combats entre l'armée et des « groupes terroristes » à Bamako et dans plusieurs villes
Samedi 25 avril, des combats ont lieu dans la capitale du pays, Bamako, ainsi que dans plusieurs villes (Kidal, Gao, Sévaré), entre des soldats et des « groupes terroristes non encore identifiés ». La situation serait « sous contrôle », selon les Forces armées maliennes -
Trump, Poutine et Xi sont « farouchement opposés aux Européens », affirme Macron
Face aux politiques impérialistes, « c'est le bon moment pour un sursaut de notre part », a indiqué Emmanuel Macron depuis Athènes. Concernant l’Otan, le chef de l’État a reconnu qu’« il y a désormais un doute sur l'article 5 »