Le régulateur britannique veut offrir rapidement une alternative au Libor
Les régulateurs britanniques réfléchissent à développer un taux de référence interbancaire basé sur des transactions réelles, qui coexisterait avec le Libor, dès l’année prochaine, selon le Financial Times. Cette initiative se rapproche de celle menée actuellement en Europe pour développer des indices de référence interbancaires plus crédibles après la révélation de tentatives de manipulation l’année dernière.
«Vous ne pouvez vous contenter de dire: oublier les problèmes d’hier, tournons-nous ensemble vers le futur», a expliqué Martin Wheatley, actuel directeur du régulateur, la Financial Conduct Authority (FCA) et rapporteur des travaux sur la réforme du Libor qui vient d’entrer en vigueur. Un comité est chargé de sélectionner un nouvel administrateur du taux de référence (jusqu’à maintenant géré par l’association des banquiers britanniques, BBA) qui soit à même de publier un indice basé sur les estimations des banques mais aussi une alternative basée sur des transactions réelles. Développer des taux de référence alternatifs est d’autant plus difficile qu’ils servent de base à des centaines de centaines de milliers de milliards de dollars de produits dérivés et des prêts.
Dans la zone euro, l’Euribor-Ebf, l’organisation rattachée à la Fédération bancaire européenne qui publie le taux de référence est en train de se réformer, comme cela lui a été demandé par les régulateurs des banques et des marchés (l’EBA et l’ESMA). Cette refonte est censée déboucher sur une gouvernance plus pluraliste de l’organisation, une meilleure prévention des conflits d’intérêts au sein des banques contributrices à l’indice et une définition plus précise de l’Euribor. L’Euribor-Ebf travaille par ailleurs avec la Banque centrale européenne (BCE) et une cinquantaine de banques à l’établissement éventuel d’un indice basé sur les transactions réelles.
La Commission européenne doit publier à l’été une proposition de régulation des indices de référence. Elle pourrait exiger une contribution obligatoire des banques à l’élaboration de l’Euribor. Devant les risques juridiques posés par la contribution à l’indice, plusieurs établissements ont décidé de jeter l'éponge, risquant de décrédibiliser encore plus le taux. Au début du mois, Landesbank Berlin a ainsi quitté le panel de l’indice (en même temps que celui de l’Eonia). Les banques contributrices à l’Euribor ne sont plus que 36 aujourd’hui.
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