Le régulateur bancaire australien anticipe les exigences du Comité de Bâle
Le régulateur bancaire australien (APRA) vient d’annoncer une révision des modèles internes des banques avec le relèvement du poids du risque des crédits immobiliers, dans les bilans des prêteurs, de 16% en moyenne à 25%. Cette réforme entrera en vigueur le 1er juillet 2016 et ne concernera que les cinq plus gros établissements du pays, c’est à dire les «quatre piliers»: Commonwealth Bank of Australia (CBA), Westpac Banking Corporation (Westpac), National Australia Bank (NAB), et Australian and New Zealand Bank (ANZ), auxquels s’ajoute Macquarie. Ils sont les seuls établissements à posséder un modèle interne de calculs des risques.
Cette modification entraînera la hausse de leur exigence minimale de capital de 80 points de base en moyenne, selon le régulateur, ce qui représente 8,9 milliards de dollars américains supplémentaires pour les «quatre piliers» d’après une estimation de Goldman Sachs et Morgan Stanley.
«Cette annonce et sa teneur ne nous surprennent pas», affirment deux analystes de Goldman Sachs. Elle intervient alors que le gouvernement avait évoqué en décembre dernier sa volonté de voir les banques australiennes faire partie des 25% des établissements les plus sûrs du monde. L’APRA avait déclaré la semaine dernière que pour atteindre un tel objectif, les banques devraient voir leur ratio minimal de capital augmenté de 2 points de pourcentage. L’augmentation qui vient d’être décidée fait donc office de première étape.
Outre l’aspect politique, le régulateur justifie également sa décision par le fait que le Comité de Bâle travaille actuellement sur les modèles internes des banques et qu’il pourrait très certainement imposer des règles de calcul plus contraignantes afin d’accroître la capitalisation du secteur. La conclusion de ces travaux devrait être rendue publique le 11 septembre et le secteur bancaire australien aurait alors une longueur d’avance.
Mais cet objectif peut en cacher un autre: le marché immobilier australien a connu une hausse des prix de 30% sur ces trois dernières années, ce qui laisse présager la formation d’une bulle immobilière. C’est pourquoi cette réforme doit être liée au durcissement des conditions d’octroi des crédits immobiliers décidé il y a peu.
Plus d'articles du même thème
-
Les rétrocessions de la colère, ou comment jouer à se faire peur
Les décisions de la commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF) font peser le risque d’une sur-formalisation des pratiques, qui les rendraient éloignées de la réalité de l’amélioration du service rendu. -
La tokenisation change d’échelle
Passant de l’expérimentation à l’infrastructure de marché, la tokenisation gagne ses galons auprès des institutions financières, notamment chez les gestionnaires d'actifs, estime Djamila Cosme-Bayoud, directrice France de Broadridge. Mais des freins demeurent. -
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Generali Investments prépare une entrée stratégique sur le marché européen des ETF actifs avec un déploiement coordonné entre ses filiales dès 2026 -
Le fonds Défense de Bpifrance collecte 100 millions d'euros auprès des particuliers
La banque publique d'investissement avait lancé en octobre dernier un fonds ouvert aux particuliers qui investit dans les entreprises non cotées du secteur de la défense en France. -
La Banque du Japon porte ses taux à un plus haut de 31 ans
La banque centrale a augmenté son taux directeur à court terme de 0,75 % à 1% face à la hausse de l'inflation due à la guerre au Moyen-Orient. -
BlackRock supprime de nouveau des postes
Larry Fink a adopté un processus de rationalisation de l’emploi au sein de BlackRock plus discret et en continu, rapporte Bloomberg. Le plus grand gestionnaire d’actifs au monde entame en effet une nouvelle vague de suppressions de postes correspondant à
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
- L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
Contenu de nos partenaires
-
La petite fille et la machine administrative hors de contrôle
Le replay de «Voyage en absurdie», la chronique matinale d’Emmanuelle Ducros sur Europe 1 -
InfrapolitiqueLa propagation des imaginaires, stratégie de conquête des extrêmes
La campagne présidentielle consacre une nouvelle façon de parler aux Français, sans chercher à les convaincre, mais en contaminant l’imaginaire du plus grand nombre. C'est à la lumière de cette théorie que Raphaël LLorca analyse les banquets du Canon français et le maillot de l'équipe de France floqué « Mélenchon 27 » -
Ces chiffres qui font le parfum, dans le sillage du N°5 de Chanel
Dans le sillage du mythique N°5 de Chanel, la martingale du succès de nombreux parfums s’est souvent forgée sur un nombre ou une suite de chiffres.