Le Portugal parachève la normalisation de son accès aux marchés obligataires
Lisbonne placera mercredi prochain 750 millions d’euros d’obligations à 10 ans dans le cadre d’un retour à des adjudications régulières
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Antoine Duroyon
Satisfecit du Fonds monétaire international (FMI). Le conseil exécutif de l’organisation basée à Washington a approuvé hier le onzième et dernier examen de l'état de l'économie portugaise dans le cadre du plan d’ajustement de trois ans soutenu par un mécanisme élargi de crédit (Extended Fund Facility ou EFF), en lien avec l’Union européenne.
Une décision qui permet le déblocage immédiat d’une dernière tranche d’aide de 851 millions d’euros. Le FMI a toutefois repoussé de la mi-mai jusqu’au 30 juin prochain la sortie officielle du pays du plan d’aide, les créanciers internationaux n’ayant pas encore pu examiner le projet de budget pour 2015. Le gouvernement a revu le mois dernier en hausse ses prévisions de croissance; il mise pour 2014 sur un PIB en augmentation de 1,2%.
C’est dans ce contexte positif que Lisbonne s’apprête à revenir de manière régulière et directe sur les marchés obligataires. Le pays, qui a déjà émis avec succès plusieurs emprunts syndiqués depuis plus d’un an, veut normaliser ses conditions de financements. «Etre capable de vendre à nouveau via des adjudications est un objectif, et cela signifie que nous serons dans un programme plus régulier d'émission de dette», déclarait en début d’année Isabel Castelo Branco, secrétaire d’Etat au Trésor. Illustration de cet effort, l’agence portugaise de la dette, l’IGCP, proposera mercredi prochain, le 23 avril, entre 500 et 750 millions d’euros d’obligations assorties d’un coupon de 5,65%, arrivant à échéance en février 2024. Une ou deux autres opérations, pour des montants similaires, pourraient suivre avant la fin du deuxième trimestre.
Le Portugal entend tirer profit de conditions attractives. Le rendement de son emprunt de référence à 10 ans est tombé hier à 3,66%, son plus bas niveau depuis février 2006. En janvier 2012, il s'établissait à plus de 18%. «Le montant est plutôt prudent, mais pour eux c’est la cerise sur le gâteau, la dernière pièce de la normalisation de l’accès aux marchés», estime David Schnautz, stratège obligataire chez Commerzbank, cité par Reuters. «Bien que l’activité sera réduite avec la semaine de Pâques, nous pensons que le marché en fera un succès», ajoute-t-il.
Le programme d'émission obligataire du Portugal table sur un montant brut compris entre 11 et 13 milliards d’euros cette année.
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