Le poids de la finance parallèle se réduit en Europe
Double première pour l’Esma. L’Autorité européenne des marchés a inauguré hier son rapport sur les tendances et les risques des marchés financiers qu’elle livrera deux fois. Elle s’est surtout essayée à évaluer la taille du shadow banking, alors même que les travaux menés au niveau mondial par le Conseil de stabilité financière n’ont pas encore abouti à des conclusions définitives. La conclusion pourra surprendre: le poids de la finance parallèle a légèrement diminué en Europe en 2012, bien que les nouvelles réglementations poussent au déplacement d’activités bancaires vers d’autres types d’acteurs.
Selon l’Esma, le shadow banking dans l’Union européenne s’est réduit de 8% l’an dernier, à 8.500 milliards environ à la fin du deuxième semestre. Un chiffre qui recouvre le marché du prêt-emprunt de titres (repo), les titrisations d’actifs courts et longs (ABCP et ABS), et les fonds monétaires, mais pas les hedge funds. Toutes les composantes de la finance parallèle se sont contractées: de 480 milliards pour l’encours de repo, de 260 milliards pour la titrisation et de 80 milliards pour les fonds monétaires. Autre donnée éclairante, le shadow banking représentait 18% des passifs bancaires en Europe mi-2012, contre un pic de 23% deux ans auparavant.
La comparaison avec les Etats-Unis est tout aussi frappante. Outre-Atlantique, le shadow banking atteignait 14.200 milliards de dollars d’encours (10,7 milliards d’euros) à fin septembre 2012, en hausse de 2% sur un an. Il représente surtout 95% des passifs bancaires, contre 175% lors de l’éclatement de la bulle du crédit en 2007. Cet écart avec l’Europe reflète la désintermédiation du financement de l’économie américaine, et notamment le poids des agences gouvernementales (Fannie Mae, Freddie Mac, etc.) pour le financement de l’immobilier.
Au rayon des vulnérabilités du système financier mondial, l’Esma met en avant la gestion du collatéral de bonne qualité, de plus en plus utilisé pour sécuriser les transactions sur les dérivés de gré à gré, le marché du repo ou encore les refinancements banque centrale. En Europe, le montant de collatéral disponible (11.800 milliards d’euros après décotes) a largement excédé la demande (4.070 milliards). Mais les besoins devraient s’accroître à 6.510 milliards en 2014, sans que l’offre suive dans les mêmes proportions, d’où des tensions possibles.
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