Le Parlement européen demande plus de transparence aux investisseurs institutionnels
La directive sur «l’engagement à long terme des actionnaires», qui renforce les droits de ces derniers, devrait surtout agir sur l’équilibre entre les pouvoirs des dirigeants et ceux des actionnaires. Au cœur de ce texte, pensé pour allonger l’horizon de gestion des entreprises cotées, l’obligation faite aux investisseurs et aux gestionnaires de fonds de faire connaître leur stratégie d’investissement et l’'amélioration de l’identification des actionnaires. «La crise financière a montré que les actionnaires, dans de nombreux cas, ont soutenu des prises de risque à court terme par les gestionnaires», expliquent les législateurs.
Mais ces derniers mois, la bataille a beaucoup porté sur les politiques de rémunérations. Sur ce point, les députés «ont fait marche arrière», reconnaît Béatrice Richez-Baum, de la Fédération européenne des administrateurs. La consultation des salariés sur la politique de rémunération n’est plus obligatoire et le vote de l’assemblée générale ne liera plus le management. «Les petits actionnaires n’auront toujours pas leur mot à dire sur les rémunérations des cadres», explique Arnaud Houdmont, de la Fédération des utilisateurs de services financiers. Better Finance déplore également que l’exercice des droits de vote transfrontaliers ne soit pas facilité et entraînera toujours «des frais énormes».
En instaurant une information des actionnaires au sujet des transactions réalisées par les cadres, importants actionnaires pour certains, l’ambition d’harmoniser le contrôle des conflits d’intérêts a achoppé sur la définition des parties intéressées, qui restera à la discrétion des Etats membres.
Voté mercredi par le Parlement européen à une très large majorité, le texte doit maintenant être consolidé avec la position adoptée en mars par les ministres des Finances. La principale pierre d’achoppement pourrait être la transparence pays par pays pour les profits, les impôts et les subventions dont une majorité d’Etats membres ne voudront probablement pas. «On ne comprend pas ce que cela fait dans ce texte, d’autant plus que la Commission européenne vient de lancer une étude d’impact sur le sujet», explique Béatrice Richez-Baum. Ce «cavalier» introduit sous la pression des Verts pourrait quoi qu’il en soit faire remonter le texte dans l’ordre des priorités de la présidence luxembourgeoise qui est très attendue sur l’optimisation fiscale.
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Donald Trump annonce un déblocage du détroit d'Ormuz et des discussions « très positives » avec l'Iran
Washington - Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour débloquer des navires coincés depuis deux mois dans le Golfe et évoqué des discussions «très positives» avec l’Iran, qui a soumis un plan en 14 points pour résoudre le conflit avec les Etats-Unis. Avec un changement de ton radical par rapport à la veille, le président américain, qui a déclenché les hostilités contre l’Iran le 28 février avec Israël, a évoqué dimanche soir «un geste humanitaire» et de «bonne volonté», au moment où des discussions semblent se concrétiser entre Washington et Téhéran par l’intermédiaire du Pakistan. A partir de lundi matin heure locale, la marine américaine escortera au travers du détroit d’Ormuz des navires de pays «qui n’ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient», a annoncé Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Il a toutefois averti que si cette opération, baptisée Project Freedom («Projet Liberté»), devait être entravée par l’Iran, cela «devrait malheureusement être traité par la force». Depuis le début des hostilités, l’Iran bloque le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Washington a répliqué début avril en bloquant à son tour les ports iraniens. Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s'élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, a indiqué jeudi l’entreprise spécialisée dans le suivi maritime AXSMarine. Quelque 20.000 marins seraient concernés, selon un haut responsable de l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. «Beaucoup de ces navires subissent des pénuries de nourriture et de tout ce qui est nécessaire pour permettre aux équipages de rester à bord de façon saine», a souligné Donald Trump. Encore vendredi, son administration avait mis en garde les navires qui paieraient les autorités de Téhéran pour passer le détroit d’Ormuz, les avertissant qu’ils s’exposaient à des sanctions. Le blocage du détroit a fait flamber les cours du pétrole au plus haut depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les prix se replient lundi à la reprise des échanges sur les marchés asiatiques, avec un baril de Brent, la référence mondiale, en baisse d’environ 1,5% autour de 106 dollars, bien loin des 126 dollars dépassés jeudi. «Je peux vous dire que nous sommes en train d’asphyxier le régime, qu’ils ne sont plus en mesure de payer leurs soldats», a assuré le ministre américain au Trésor, Scott Bessent, en référence au blocus des ports iraniens. «Au cimetière» Depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, Téhéran a instauré de facto des droits de passage pour franchir le détroit. Un conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei a encore menacé dimanche de couler des navires de guerre des Etats-Unis et d’envoyer leurs forces «au cimetière», qualifiant Washington de «pirate». La situation entre les deux pays est bloquée depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l’Iran et de représailles de Téhéran dans la région. Entre le détroit d’Ormuz et le volet nucléaire, les points de discorde restent si importants que les efforts pour relancer les négociations ont échoué, malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril. Pour redonner une chance aux discussions, Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué dimanche la diplomatie iranienne. «La partie américaine (...) a transmis ses points de vue à la partie pakistanaise; nous examinons cela et formulerons la réponse appropriée», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Donald Trump avait affirmé samedi qu’il allait étudier la proposition, sans pouvoir imaginer qu’elle soit «acceptable». Le président américain doit choisir entre «une opération militaire impossible ou un mauvais accord avec la République islamique», ont rétorqué les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique iranienne. Selon l’agence Tasnim, Téhéran réclame dans son plan en 14 points: le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs du pays, le financement de réparations, la levée des sanctions, un «mécanisme» concernant le détroit d’Ormuz et «la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban». Le dossier nucléaire ne figure apparemment pas dans le plan, or il s’agit d’une question centrale pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique - ce que l’intéressé dément. Sur le front libanais, après avoir de nouveau appelé des localités du sud du pays à évacuer, Israël a mené des frappes qui ont fait un mort et blessé huit personnes, dont quatre secouristes, a annoncé le ministère libanais de la Santé. les bureaux de l’AFP à Téhéran et Washington © Agence France-Presse -
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