Le Panel Change s’attend à un reflux de l’euro face au dollar
Les membres du Panel Taux ont légèrement revu à la hausse leurs prévisions pour l’euro. Elles restent cependant bien en dessous du niveau actuel de la monnaie unique et sont orientées à la baisse à six mois. En octobre, l’estimation moyenne des panélistes pour l’euro/dollar à trois mois est montée à 1,31 contre 1,28 en septembre. Edmond de Rothschild AM parie sur un taux de 1,33 à la fin de l’année tandis que pour Lazard Frères Gestion, la monnaie unique devrait être d’ici là à 1,34 face au billet vert.
Vendredi, le dollar cotait 1,35 face à la monnaie unique. Cette dernière évolue autour de ce niveau depuis la réunion de la BCE à Paris. Selon la plupart des économistes, même si une baisse de taux a encore été discutée par le Conseil des gouverneurs en ce début d’octobre, l’institution ne devrait pas assouplir sa politique monétaire dans l’immédiat car l’activité économique européenne semble entrer en convalescence. Le président de la BCE, Mario Draghi, a redit qu’il était prêt à lancer une nouvelle LTRO. Toutefois, si beaucoup d’analystes jugent cette hypothèse réaliste, la plupart n’attend pas d’annonce avant la fin de l’année.
Par ailleurs, la Réserve fédérale n’a pas décidé, comme beaucoup l’escomptaient en septembre, de diminuer le montant de ses achats d’actifs (tapering), peut-être en prévision des divisions politiques sur le budget qui ont obligé le gouvernement à fermer une partie de l’administration (shutdown). «Plus le shutdown dure, plus l’effet sur la croissance va être important et pourrait remettre en cause le tapering », estime Marie-Pierre Ripert, chez Natixis. Qui plus est, l’Etat aura touché le plafond de la dette américaine le 17 octobre. «La réaction des marchés devrait s’intensifier d’ici là et le dollar continuer sa chute face au yen, au franc suisse et à l’euro», écrivent les stratégistes de BNP Paribas CIB.
A plus long terme, les panélistes voient cependant l’euro s’affaiblir face au dollar. En moyenne, ils estiment que la parité euro/dollar sera à 1,28 à six mois (contre 1,26 en septembre). Aux Etats-Unis, la Fed pourrait avoir d’ici là resserré sa politique monétaire dans le sillage d’un renforcement de la croissance américaine. En Europe, «la BCE sera finalement forcée de passer à l’action au regard de la désinflation dans la zone euro et de la baisse de la liquidité excédentaire», avancent les stratégistes de Société Générale CIB. Les incertitudes liées à la revue des banques européennes pourraient également peser sur l’euro.
Enfin, pour le stratégiste de Citi, Steven Englander, la remontée de la monnaie unique n’est pas justifiée au regard des fondamentaux de l’économie des pays périphériques. L’amélioration de leur balance commerciale est trompeuse car due, selon lui, à une consommation faible.
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