Le nouveau gouvernement japonais respecte son programme à la lettre
Jusqu’ici tout va bien pour Shinzo Abe: la mise en place effective des mesures de soutien à une économie japonaise qui donne des signes croissants de grande faiblesse permet de propulser l’indice Nikkei et d’affaiblir le yen. Le nouveau Premier ministre a entériné ce matin un plan de relance de 10.300 milliards de yens (87 milliards d’euros) qui se traduira par 5.200 milliards consacrés aux investissements publics et 3.800 milliards destinés à relancer l’investissement privé. Tokyo espère que ces mesures, inscrites au collectif budgétaire sur l’année fiscale 2012/2013, permettront à l’économie japonaise de gagner deux points de PIB et de créer 600.000 emplois.
Dans le même temps, le gouvernement maintient la pression sur la Banque du Japon. «Nous attendons avec force que la BOJ mène une politique d’assouplissement monétaire agressive avec un objectif de prix clair» a indiqué le gouvernement. Le Nikkei estime que la BoJ devrait entériner le passage à un objectif d’inflation de 2% et proposer une rallonge de 10.000 milliards de yens de son programme de rachat d’actifs lors de sa prochaine réunion mensuelle qui se tiendra les 21 et 22 janvier.
Le PIB s’est contracté de 3,5% au troisième trimestre et le consensus table sur une nouvelle contraction de 0,6% au dernier trimestre 2012, avant un léger rebond de 1,6% au premier trimestre 2013. Plus inquiétant, le déficit des comptes courants s’est creusé à 222,4 milliards de yens en novembre, le deuxième plus gros déficit de l’histoire du pays et supérieur aux 33,5 milliards prévus par le consensus, montrant que l’affaiblissement du yen n’a pas encore permis de rétablir la compétitivité de l’économie.
Mais cette stratégie n’est pas sans risque pour un pays dont la dette atteint environ 200% du PIB et qui dépend ainsi largement du niveau de ses taux d’intérêts. Le rendement à 10 ans progressait de 1,5 point de base à 0,835%. Pour compenser le plan de relance qui entrainera une hausse de 5.000 milliards dans le programme d'émissions, le parti au pouvoir préparerait un plan de hausse du taux d’imposition des ménages les plus aisés, selon le Wall Street Journal.
«Les cambistes cherchent tous les prétextes pour vendre du yen» estime Daisuke Karakama, économiste chez Mizuho Corporate Bank. Et d’ajouter que «ces ventes ont été tirées par des espoirs de politique de relance. Et ces espoirs se sont matérialisés en action concrète un par un». Ce matin, le yen est tombé à 89,35 contre dollar, un plus bas depuis juin 2010, et à 118,58 contre euro, un plus bas depuis mai 2011. L’indice Nikkei progressait de 1,7% à 10,830.43 points, son plus haut niveau depuis février 2011.
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