Le «non» condamne les banques grecques à rester fermées
La BCE prend acte du «non». Grèce avait demandé une rallonge substantielle – autour de 6 milliards, selon certaines sources. Une hausse de l’ELA était impensable après la victoire du «non» lors du référendum grec de dimanche, et une baisse aurait court-circuité le sommet européen extraordinaire de ce jour. Mais la BCE a décidé d’augmenter les décotes appliqués sur le collatéral qu’elle reçoit, d’environ 10% selon Reuters qui citait hier soir une source bancaire grecque.
Le rideau des banques grecques restera donc baissé aujourd’hui et demain. Le gouvernement grec envisage de prolonger la fermeture pendant plusieurs jours. Le plafond maximal de retrait quotidien, maintenu hier à 60 euros par jour, pourrait être abaissé, car les réserves de cash s’épuisent. «Si l’Europe rouvre les négociations avec la Grèce mardi, la BCE pourrait marginalement relever l’ELA, estimait hier Eric Chaney, chef économiste d’Axa IM. Mais les banques grecques resteront probablement fermées jusqu’au 20 juillet», date d’une échéance cruciale pour Athènes vis-à-vis de la banque centrale.
La situation du secteur financier est critique. A fin juin, les banques avaient utilisé 156 milliards d’euros d’actifs en collatéral, dont 146 milliards de prêts sains, pour utiliser 89 milliards d’ELA, selon JPMorgan. Or, le contrôle des capitaux en cours accroît le risque qu’une portion de ces crédits devienne douteuse, et ne soit donc plus éligible à l’ELA.
La perspective prochaine d’une recapitalisation des banques a conduit le FT à évoquer samedi un projet de mise à contribution (bail-in) des déposants, à hauteur de 30% des dépôts supérieurs à 8.000 euros. Une idée aussitôt démentie par Andrea Enria, président de l’Autorité bancaire européenne (EBA), au nom du respect des règles de l’Union: celles-ci garantissent les dépôts des particuliers jusqu’à 100.000 euros, seuil retenu à Chypre en 2013 lors du bail-in des déposants. Les analystes de JPMorgan jugent cependant très faible le montant des dépôts supérieurs à ce plafond, «ce qui laisserait peu d’espoir aux déposants ayant moins de 100.000 euros d’être épargnés». Avec 12 milliards de fonds propres durs (hors DTA, actifs d’impôt différé) et seulement 2 milliards de dette de marché potentiellement soumis à un bail-in, les banques grecques n’ont guère d’autre réserves à solliciter à ce stade.
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