Le marché actions chinois reste à l'écart de l’euphorie boursière de 2012
Contre toute attente, le millésime 2012 se sera révélé l’un des meilleurs de la décennie écoulée pour les marchés actions. Du S&P 500 au CAC 40 en passant par le Nikkei et le Hang Seng, les principaux indices boursiers ont affiché des performances à deux chiffres, ou, dans le cas du Footsie britannique et du Bovespa brésilien, des croissances encore honorables (autour de 6 à 7%). Un seul marché est resté à l’écart de l’euphorie: la Bourse chinoise, qui a péniblement fini l’exercice sur une note positive grâce au rally de décembre après avoir évolué dans le rouge les onze premiers mois de l’année.
A fin novembre, l’indice composite de Shanghai affichait encore un recul de 10% sur l’année. S’il a comblé son retard en un mois pour finir en hausse de plus de 1% en 2012, sa performance reste très loin des autres places asiatiques, puisque les marchés actions indien, thaïlandais ou encore australien ont dégagé des performances comprises entre 15% et 35%.
Les raisons de ce décrochage sont multiples. L’indice composite de Shanghai a pu pâtir tout au long de 2012 des inquiétudes sur l’ampleur du ralentissement de l’économie chinoise, et de l’absence de réformes liée au processus de renouvellement des dirigeants du pays. La nouvelle garde menée par Xi Jinping a pris la relève, et les dernières statistiques économiques témoignent d’un atterrissage en douceur, ce qui pourrait éclaircir l’horizon du marché actions dans les prochains mois.
Mais la crise de confiance est aussi structurelle. Le Shanghai Composite, qui avait touché le sommet de sa bulle en septembre 2007, évolue encore à 60% en dessous de ce pic. Le China IPO Index, qui mesure la performance des introductions en Bourse dans les douze mois suivant l’opération, n’a cessé de se dégrader et reflète une perte de valeur de 50% depuis 2010. Dans ces conditions, les particuliers se détournent des actions: le rythme d’ouvertures de comptes titres, d’un million par semaine en 2007, a été plus que divisé par dix, et le nombre de comptes actifs ne cesse de diminuer.
La liquidité du marché actions laisse enfin à désirer. Le regain d’IPO depuis 2010 a absorbé les flux au détriment du marché secondaire. Par ailleurs, «le marché obligataire est l’une des sources de financement qui prend son essor en Chine, relèvent les économistes d’Aurel BGC. Le développement de ce marché aspire, lui aussi, la liquidité».
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