Le G20 Finances tentera de faire progresser les travaux sur la régulation financière
Les ministres des Finances du G20 et les gouverneurs des banques centrales se retrouvent à Moscou demain et samedi pour tenter de faire progresser les dossiers sur la régulation financière. La réunion, la première sous présidence russe, sera suivie d’autres rendez-vous en avril et juillet avant le rassemblement des chefs d’Etat et de gouvernement à Saint-Pétersbourg, les 5 et 6 septembre prochain.
La situation économique dans la zone euro ne devrait pas monopoliser autant les négociations que lors des dernières réunions car une amélioration commence à poindre. Les politiques et banquiers centraux devraient cependant débattre de l’équilibre à trouver entre les politiques de consolidation budgétaire et le soutien à la croissance. Ils devraient ainsi rediscuter des objectifs de Toronto de 2010 qui prévoyaient de réduire les déficits par deux d’ici à 2013 mais qui ont été reconnus comme inatteignables. La question des changes ne devrait pas mobiliser l’attention outre-mesure même si l’exécutif à Berlin plaide pour que soit endossé le dernier communiqué du G7 à ce sujet, selon Reuters.
Le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, mènera les débats sur la régulation financière. La France souhaite maintenir la pression pour mener à bien les réformes qui ont été lancées depuis la crise financière alors que l’élan des G20 qui ont suivi le déclenchement de la crise a tendance à s’émousser. Les discussions devraient porter sur la mise en application des règles prudentielles de Bâle 3. L’Europe est en train de finaliser l’inscription dans le droit de ces principes avec la directive CRD 4 mais les Etats-Unis ont reporté sine die leur application.
Après les tentatives de manipulation qui ont éclaboussé le Libor et l’Euribor, la France souhaite par ailleurs que soient adoptés des principes internationaux de régulation des indices. Les ministres et les gouverneurs tenteront aussi d’avancer sur la régulation de la finance parallèle et celle des dérivés échangés de gré à gré car les réglementations américaines et européennes en la matière s’enchevêtrent.
Enfin, le G20 sera l’occasion d'échanger sur les travaux de l’OCDE au sujet des failles juridiques et des stratégies qui permettent aux entreprises multinationales de ne payer que très peu d’impôt sur les bénéfices. L’OCDE n’en est qu’au début de ses investigations et doit encore proposer des solutions pour contrer cette érosion des bases fiscales.
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