Le G20 exclut toute dévaluation compétitive
Attendu au tournant sur la question des changes, en pleine polémique sur l’impact de la politique ultra-accommodante du Japon sur le yen, le G20 a promis de ne pas s’engager dans une «guerre des monnaies».
«Nous nous abstiendrons de procéder à des dévaluations compétitives», indique le communiqué publié samedi à l’issue d’une réunion de deux jours à Moscou. «Nous ne poursuivrons pas d’objectifs de taux de change à des fins de concurrence, nous résisterons à toutes les formes de protectionnisme et nous maintiendrons nos marchés ouverts», poursuit le texte.
Malgré un renforcement de sa formulation par rapport au projet d’origine, selon le ministre canadien des Finances Jim Flaherty, le communiqué du G20 reste dans le sillage tracé par le G7 la semaine dernière. Ce dernier avait confirmé la semaine dernière son «engagement de longue date pour des taux de change déterminés par le marché».
En outre, il ne jette pas l’opprobre sur le Japon en estimant que «la politique monétaire devrait être orientée vers la stabilité des prix au niveau domestique et le soutien continu à la reprise économique». Mais comme l’a reconnu Jim Flaherty, il est «assez difficile» de faire la distinction entre une politique monétaire visant strictement à relancer l’économie nationale d’une politique cherchant à faire évoluer le taux de change.
Après le G7 et le G20, les intervenants sur le marché des changes surveilleront cette semaine l’éventuelle nomination du nouveau gouverneur de la Banque du Japon. «Si Toshiro Muto, candidat le moins « dovish » est nommé, cela devrait déjà limiter le rythme de dépréciation du yen dans les prochains mois», estime Nordine Naam, stratégiste obligataire chez Natixis.
Sur le terrain de la dette, le G20 n’est pas parvenu à un accord sur les objectifs de déficit budgétaire à moyen terme. Le communiqué s’en tient à la promesse d’une «consolidation budgétaire crédible à moyen terme», même si le rythme pourra être adapté en fonction de la «conjoncture économique à court terme».
Autre thème d’actualité débattu à Moscou, la lutte contre l’optimisation fiscale pratiquée par certaines entreprises multinationales fait l’objet d’une initiative conjointe entre Paris, Berlin et Londres. Réagissant à un rapport de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), les trois Etats vont chacun présider un groupe de travail.
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