Le futur gouverneur de la BoE s’inscrit dans la continuité du précédent
Un vent nouveau s’apprête à souffler sur la Banque d’Angleterre (BoE) avec l’arrivée de Mark Carney à la tête de l’institution dès le 1er juillet. Mais pas de révolution à attendre cependant. Auditionné hier par une commission parlementaire, le Treasury committee, l’ancien banquier central canadien a laissé la porte ouverte à une inflexion de la politique monétaire s’agissant des objectifs macro-économiques fixés par l’institution mais a souligné que toute remise à plat du cadre devrait être mise œuvre avec prudence. Il s’est notamment abstenu de proposer une modification de l’objectif d’inflation (une fourchette de 1% à 3% plutôt qu’un objectif fixe) ou un objectif de croissance du PIB.
Mark Carney a livré sa vision sur le dispositif actuel en place depuis 1992 qui fixe un objectif d’inflation flexible. Il reste selon lui le plus efficace pour soutenir l’économie, et maintenir la stabilité des prix. «Je ne suis pas convaincu que l’abandon du critère d’inflation est un risque qui vaut la peine d’être pris», a-t-il déclaré. Il a toutefois appelé à un débat sur le cadre entourant la politique monétaire de la BoE citant en exemple la Banque centrale canadienne qui met son dispositif sous revue tous les 5 ans. C’est avant tout l’instauration d’un objectif de croissance qui devrait se retrouver au cœur des discussions. Mark Carney avait d’ailleurs mis le sujet sur la table dès le mois de décembre. Il a aussi ajouté qu’il serait nécessaire que la BoE s’engage sur une durée pendant laquelle elle promet de maintenir ses mesures de soutien à l’économie.
A l’issue d’une réunion de deux jours, le comité de politique monétaire de la BoE a maintenu son principal taux directeur à 0,5%, et s’est abstenu hier de prendre des mesures de soutien monétaire supplémentaire. La Banque d’Angleterre s’est néanmoins dite prête à le faire «si cela s’avérait nécessaire au vu des perspectives de croissance et d’inflation». Son programme de rachats d’actifs est maintenu à 375 milliards de livres soit environ 439 milliards d’euros.
L’institution d’émission a annoncé qu’elle réinvestirait 6,6 milliards de livres d’obligations arrivant à maturité en mars. Selon elle, l’économie britannique «semble être sur le chemin d’une reprise lente mais soutenue». Des propos qui se veulent rassurants alors que le pays menace de replonger dans sa troisième récession en quatre ans.
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