Le Fonds souverain norvégien essuie sa première perte en trois ans
Le fonds souverain norvégien, premier au monde par son poids de 870 milliards de dollars d’actifs sous gestion, a présenté pour la première fois en trois ans un retour sur investissement trimestriel négatif de 0,87% et une perte de 8,8 milliards de dollars. Une contre-performance détonante alors qu’au premier trimestre le fonds avait un rendement de 5,28%. Norges Bank Investment Managers (NBIM), qui possède à lui seul 1,3% de la capitalisation boursière mondiale, subit de plein fouet la morosité des marchés boursiers et obligataires internationaux durant cette période.
Dans le détail, ce sont les investissements délivrant des revenus fixes (fixed income), constitués en grande partie d’obligations, qui ont le plus contribué à cette perte. L’institution y a investi 34,5% de son capital ce trimestre pour un rendement de -2,2%. Cela pèse pour près de 82% du manque à gagner. L’environnement de taux d’intérêt extrêmement faibles, résultant des politiques accommodantes des principales banques centrales, explique cette situation. D’autant plus que le souverain norvégien est très friand des obligations souveraines des pays développés d’Amérique du Nord et d’Europe, des actifs sûrs mais très peu rémunérateurs voire à rendement négatif pour certains.
Viennent au second poste des pertes, les actions. NBIM y a investi 62,8% de ses ressources pour un rendement de -0,2%. Pour Yngve Slyngstad, directeur général du fonds, «les marchés boursiers américains ont fait chuter les résultats», avec un rendement au sein du fonds de -1,4%. Seule contribution positive: les investissements immobiliers, avec une performance de 2%. Mais ils ne représentaient que 2,7% des actifs du fonds, un montant bien trop faible pour compenser les pertes.
Par ailleurs, les effets de change ont fait perdre plus de 5,7 milliards d’euros de valeur au fonds. Ces chiffres tombent au plus mauvais moment pour la Norvège alors que le pays risque de ne plus pouvoir alimenter son fonds souverain. Le prix du baril actuel n’est plus assez élevé pour que l’Etat puisse y placer une partie de ses marges. De plus, le gouvernement pourrait pour la première fois depuis la création du fonds en 1990, puiser dans celui-ci pour combler un budget qui s’annonce serré avec la chute des revenus pétroliers et alors que le chômage a retrouvé un plus haut de onze ans.
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