Le FMI confirme l’effet contre-productif d’une austérité excessive
En octobre, l’affaire avait fait grand bruit chez les économistes: le FMI reconnaissait s’être trompé dans son estimation du multiplicateur budgétaire, en ayant sous-estimé l’impact récessif des politiques d’austérité menées en Europe à partir de 2010. Son chef économiste, Olivier Blanchard, a publié le 3 janvier une étude plus approfondie sur le sujet, qui reprend les conclusions de son World Economic Outlook d’octobre 2012.
Le multiplicateur utilisé dans les prévisions de croissance a été d’environ 0,5 en moyenne, c’est-à-dire qu’une consolidation budgétaire d’un point devait se traduire par une perte de croissance du PIB réel de 0,5 point. En fait, l’écart de croissance par rapport aux prévisions a souvent été d’un point, révélant un multiplicateur trois fois plus élevé.«Les multiplicateurs constatés au début de la crise ont été substantiellement supérieurs à un», reconnaît l’économiste du FMI.
«Il faut bien plus qu’une évaluation de la taille des multiplicateurs budgétaires à court terme pour décider d’une politique budgétaire appropriée, préviennent cependant Olivier Blanchard et Daniel Leigh, co-auteur de l’étude. Nos résultats ne doivent pas être interprétés pour défendre une politique budgétaire donnée dans un pays donné. En particulier, ils n’impliquent pas que la consolidation budgétaire soit indésirable».
Il n’empêche, le Fonds monétaire international a depuis adopté un ton beaucoup plus conciliant, mettant davantage l’accent sur la croissance que sur l’austérité. «La conclusion de l’étude est qu’il faut réviser le multiplicateur budgétaire en hausse et au-dessus de 1, ce qui suggère que l’austérité excessive est contre-productive, à moins qu’elle ne soit inévitable. Cela encouragera le président Obama, et beaucoup d’autres dans la zone euro», souligne Kit Juckes, stratégiste change chez SG CIB. Pour Gilles Moëc, économiste chez Deutsche Bank, «le mérite de ce débat est qu’il oblige à se concentrer sur une définition ‘holistique’ de l’ajustement, loin de la fixation étroite sur la notion de déficit budgétaire qui a caractérisé l’approche initiale de la crise en Europe».
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