Le début d’année est marqué par des changements de cap sur les devises
Le début d’année a été marqué par plusieurs modifications de trajectoires sur le marché des changes. Les récents propos de Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe qui s’est inquiété «des niveaux dangereusement élevés de l’euro» ont fait reculer la monnaie unique pour s’établir hier autour de 1,33 dollar après être remontée lundi à son plus haut niveau depuis onze mois. Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a entretenu la confusion en indiquant de son côté hier qu’il ne partageait pas l’inquiétude de Jean-Claude Juncker au sujet de la fermeté de l’euro. Ces derniers jours, la monnaie unique avait été portée par les déclarations optimistes du président de la BCE.
Lors de la réunion mensuelle de politique monétaire jeudi dernier, Mario Draghi a fait état d’«une amélioration significative des conditions de marché» dans la zone euro. Les investisseurs en ont ainsi déduit que l’institution excluait une nouvelle baisse des taux à court terme. De quoi rassurer les cambistes sur les perspectives économiques de l’Union monétaire, et soutenir la devise européenne.
Pour David Bloom, stratégiste changes chez HSBC, les marchés se comportent comme s’ils anticipaient un retour à la normale, qui apparaît pourtant encore lointain. Selon lui, les cambistes vivent désormais «avec l’idée, même prématurée, que la Fed est prête à terme à fermer le robinet des liquidités. Ils soupèsent aussi l’absence d’un nouvel assouplissement monétaire aussi bien dans la zone euro qu’en Grande-Bretagne».
Considérée jusque-là comme valeur refuge, la livre semble de son côté en passe de perdre son statut. La monnaie britannique poursuivait hier son repli pour s’échanger contre 1,2 euro. Le discours de la BCE a également accentué le repli du franc suisse qui s’éloigne du taux plancher fixé par la Banque nationale suisse.
Le changement le plus spectaculaire sur le marché des changes tient à la chute du yen ces dernières semaines, liée à la politique du nouveau gouvernement, même si la devise nippone s’est reprise depuis deux jours. Cette remontée s’explique par les propos du ministre japonais de l’Economie: celui-ci a mis en garde mardi contre une baisse trop rapide du yen qui rendrait les importations plus chères. Le yen était tombé lundi face à l’euro et au dollar à ses niveaux les plus faibles depuis respectivement mai 2011 et juin 2010.
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