Le débat ressurgit en Pologne sur une baisse des taux de la banque centrale
Les marchés financiers tablent désormais sur une baisse de taux d’intérêt par la Banque centrale polonaise, les contrats de garantie de taux ayant atteint un point bas de quatre mois la semaine dernière. La semaine précédente encore, les contrats anticipaient une hausse des taux d’intérêts sur l’année.
Ce renversement de tendance fait suite à la publication d’indicateurs économiques en deçà des attentes, avec le ralentissement du rythme de croissance à 3,3% sur un an au deuxième trimestre, contre 3,6% attendus. La déflation s’est également poursuivie en juillet, pour le treizième mois consécutif, avec une baisse des prix de 0,7%. Les contrats de garantie de taux s’établissaient vendredi à 8 points de base en dessous du Wibor, le taux de prêt interbancaire de référence en Pologne.
«Si on ajoute la chute des prix des matières premières et la dévaluation du yuan, on pourrait voir le retour d’une discussion sur une baisse des taux d’intérêts en Pologne» explique Dariusz Kedziora, co-gérant du fonds Aviva Investors Poland. La première économie d’Europe de l’Est importe en effet la très grande majorité de son pétrole et de ses matières premières, ce qui entretient la déflation. D’après les données du FMI, la Chine n’absorbe toutefois qu’un pourcent des exportations polonaises, contre près de 30% pour l’Allemagne.
Pour Ernest Pytlarczyk, chef économiste de Mbank, la branche polonaise de Commerzbank, le ralentissement économique «rompt une tendance à l’accélération et ouvre la voie à une baisse des taux d’intérêts». Le gouverneur de la Banque centrale Marek Belka estimait pourtant il y a un mois qu’une baisse de taux était peu probable.
Des considérations politiques pourraient toutefois compliquer l'équation. Les sondages donnent pour le moment le parti d’opposition Droit et Justice largement en tête aux élections législatives du 25 octobre. Alojzy Nowak, un économiste proche du parti, indiquait le mois dernier que le comité de politique monétaire devrait tenir compte de politiques visant à « relancer l’économie et réduire le chômage».
Hier, c’est le nouveau Président Andrzej Duda qui déclarait que les prochains membres du comité devront soutenir une vision plus interventionniste de la Banque centrale. Sur les dix membres du comité, six seront renouvelés par le nouveau Parlement et deux seront nommés par le Président d’ici à février 2016.
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