Le cours du nickel s’envole faute d’exportation de minerai indonésien
Le prix du nickel à la Bourse de Londres a progressé de plus de 30% depuis le début de l’année. La crise avec Moscou entretient aussi la hausse
Publié le
Solenn Poullennec
Le cours du nickel a atteint un plus haut depuis plus d’un an hier à la Bourse des métaux de Londres (London Metal Exchange) alors que l’Indonésie a décidé d’interdire les exportations de minerai et que les tensions politiques entre l’Ukraine et la Russie font redouter des sanctions à l’encontre de cette dernière qui est un important producteur.
Hier midi, le prix d’un contrat de nickel livré à trois mois à la Bourse de Londres progressait de 1,8% à 18.245 dollars la tonne. Le cours du métal, utile à la fabrication de l’acier inoxydable, a progressé de 31% depuis le début de l’année, ce qui correspond à la plus forte hausse parmi les principaux métaux cotés sur le LME.
Cette hausse s’explique notamment par la décision du gouvernement indonésien en janvier de bannir les exportations de minerai pour encourager le développement de l’industrie métallurgique au niveau local. Cette mesure affecte 20% de la production mondiale de nickel selon la recherche de Goldman Sachs, qui note qu’«à ce jour, aucun autre pays ne peut combler le manque de minerai de nickel créé par l’Indonésie sans une inflation significative des coûts». Qui plus est, «le manque de majorité politique très claire en Indonésie rend peu probable l’hypothèse que le nouveau président indonésien et le gouvernement de coalition modéreront leur position sur l’interdiction d’exporter du minerai de fer», assure les experts de Goldman Sachs.
Cette année, la demande de nickel devrait excéder l’offre de quelques 30.000 tonnes, selon le producteur japonais de métal, Sumito Metal Mining. «Nous avons sous-estimé l’impact de l’interdiction indonésienne sur la production globale en janvier», a déclaré l’un des représentants de la société. Au début de l’année, elle prévoyait un surplus de 50.000 tonnes de nickel pour 2014.
Les cours du nickel ont aussi été soutenus par les tensions politiques entre Moscou et Kiev. Le marché intègre «la possibilité grandissante d’une perturbation de l’offre de nickel dans l’hypothèse où la crise ukrainienne déboucherait sur de nouvelles sanctions économiques adoptées par les puissances occidentales à l’encontre des compagnies russes, ou par les autorités russes, privant les marchés de matières premières essentielles», analysait la recherche de Natixis la semaine dernière.
Et de préciser que les mines de nickel russes de Norilsk devraient produire 12% de la production totale de nickel cette année.
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