Le Brésil se résigne au statu quo monétaire pour stopper la hausse de l’inflation
Le Brésil voit ses marges de manœuvre rétrécir. La banque centrale du pays a été contrainte hier soir de laisser le taux Selic inchangé à 7,25% pour le deuxième mois consécutif, malgré un ralentissement de l’activité. Le communiqué met ainsi en avant «des risques d’inflation, qui se sont aggravés à court terme, la reprise de l’activité domestique, qui a été moins vive que prévu, et la complexité qui se poursuit dans l’environnement international» qui justifient «la stabilité des conditions monétaires pour une période de temps suffisamment prolongée» afin de faire converger le taux d’inflation vers son objectif de moyen terme. Les marchés anticipent un statu quo monétaire tout au long de l’année.
La croissance brésilienne a subi un violent coup d’arrêt l’année dernière, en tombant, selon les estimations des économistes à 1%, voire moins. Elle devrait rebondir cette année, même si la dernière enquête de conjoncture hebdomadaire réalisée par la banque centrale a montré une nouvelle réduction des prévisions de croissance 2013 à 3,2%, contre 3,3% la semaine précédente. La première estimation de la croissance 2014 ne laisse espérer qu’une légère accélération de l’activité à 3,6%.
Parallèlement, la prévision consensuelle d’inflation ne cesse d’augmenter pour atteindre 5,53%, après une anticipation moyenne de 5,49% la semaine dernière. Le dernier chiffre publié a montré que l’inflation avait accéléré pour le sixième mois consécutif en décembre à un rythme plus soutenu que prévu de 5,84%, dans la fourchette haute de l’objectif de 4,5% visé par la banque centrale, avec une marge de plus ou moins 2%.
Après être parti en «guerre des changes» pour affaiblir le real l’an dernier de 9% contre le dollar mais alimentant du même coup les pressions inflationnistes, le gouvernement a fait volte-face en se lançant dans une politique de renforcement du real qui a enregistré la meilleure performance des devises sur les six dernières semaines avec un gain de 4,6% depuis début décembre.
En outre, le gouvernement a annoncé la semaine dernière un train de mesures de relance, dont la baisse des réserves obligatoires pour les banques qui distribuent des crédits pour l’investissement en biens de capitaux, ainsi qu’une extension des baisses de charges. Le point fort de l’économie brésilienne reste la demande intérieure, avec une croissance annuelle des ventes au détail de 8,4% en novembre, après 9,2% en octobre. Mais le gouvernement vise également les investisseurs étrangers qui seront exemptés de taxe sur les achats d’obligations.
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