L’assurance-vie entre dans une nouvelle ère
Le « placement préféré des Français », selon l’expression consacrée, perdrait-il de son lustre ?
Constatons en tout cas qu’après des décennies de croissance ininterrompue, l’assurance-vie plafonne et pourrait désormais décliner.
Les chiffres que vient de publier le cabinet Fact & Figures le confirment. L’assurance-vie n’avait connu qu’une année de décollecte nette en 2012 sur les trente dernières années.
Or la période 2017-2019 devrait être celle de l’entrée dans «une phase structurelle de sorties nettes».
Les Français n’ont certes pas cessé d’aimer l’assurance-vie. Simplement, les niveaux de prestations résultant des souscriptions passées impliquent des sorties désormais supérieures à la collecte.
Si les encours ont encore augmenté de 48 milliards d’euros en 2016, le cabinet constate que la collecte nette «à date est proche de zéro» depuis le début de l’année.
Le fait nouveau, c’est que la collecte brute des produits en euros qui constituent le gros des encours, coûteuse en capital pour les assureurs pour des raisons prudentielles, recule de 20%.
A l’inverse, celle des unités de compte (UC, comprenant des actifs plus risqués) progresse de 20%.
Elle s’explique par le souhait des assureurs de pousser ces produits plus rémunérateurs pour eux, qui bénéficient aussi de la bonne tenue des marchés.
Voilà une évolution lourde qui devrait interpeler le gouvernement qui réfléchit aux contours précis de sa « flat tax » à 30% sur les revenus du capital.
Les nouveaux contrats et nouveaux versements au-delà de 150.000 euros sur les anciens contrats seront-ils bien seuls concernés ?
Il serait sage en tout cas qu’une étude d’impact éclaire l’exécutif sur les suites possibles de ses choix sur la collecte.
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