L’antitrust américain durcit sa position en matière de fusions
Le blocage avant-hier par les autorités antitrust de la fusion de 39 milliards de dollars (27milliards d’euros) entre T-Mobile USA et AT&T reflète la volonté du gouvernement américain d’être plus sévère en la matière.
Après cette décision qui a pris à revers les deux opérateurs, il devrait être «beaucoup plus difficile pour les sociétés de plaider leur cause auprès des autorités réglementaires pour de grandes opérations de consolidation dans le secteur des télécoms», juge Henry Levine, avocat associé au cabinet Levine, Blaszak, Block & Boothby à Washington. Il ajoute qu’un rapprochement éventuel entre le quatrième opérateur mobile américain et le numéro trois Sprint pourrait entraîner des préoccupations identiques en matière de concurrence, mais que des transactions plus modestes ne devraient pas être affectées.
Alors qu’auparavant, les opérateurs télécoms parvenaient souvent à vaincre les craintes d’abus de position dominante en cédant des activités au niveau régional, «la perspective nationale désormais adoptée par le département de la Justice devrait rendre ces solutions moins opérantes aux yeux du gouvernement», pronostique de son côté Mark Ostrau, avocat chez Fenwick & West en Californie.
Si l’administration Obama avait annoncé dès son entrée en fonction qu’elle aurait une approche plus agressive que du temps de George W. Bush pour appliquer les lois antitrust, dans la pratique «les remises en cause ont été plus rares que prévu jusqu’ici», relève Robert Bell, associé au sein du cabinet d’avocats Kaye Scholer. Il est vrai qu’avec la crise financière, le recul des transactions constaté entre la mi-2008 et fin 2009 n’a pas fourni au gouvernement fédéral le cadre idéal pour exercer son influence sur cet aspect du droit de la concurrence.
Le département de la Justice a autorisé sous conditions certaines transactions importantes comme la fusion entre TicketMaster Entertainment et Live Nation ou le rachat de NBC Universal par Comcast, toutes deux annoncées en 2009. Si la menace d’une plainte a suffi à contraindre Nasdaq et Intercontinental Exchange de retirer leur offre conjointe sur Nyse Euronext en mai dernier, l’autorité de la concurrence s’est opposée ce même mois à la reprise de 2SS Holdings, spécialisé dans les logiciels de fiscalité, par son concurrent H&R Block.
{"title":"","image":"77361»,"legend":"fusions acquisitions en europe»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Emmanuel Maillet (April) : "L’assurance emprunteur devient un levier de croissance pour les CGP"
La résiliation à tout moment a profondément transformé le marché de l’assurance emprunteur. Porté par l’essor de la substitution et l’arrivée de nouveaux réseaux de distribution, le secteur connaît une profonde recomposition. Emmanuel Maillet, directeur général délégué en charge des activités santé, prévoyance, emprunteur et épargne chez April, décrypte les mutations à l’œuvre et les nouvelles opportunités qui en découlent. -
OpenAI pourrait reporter son introduction en Bourse à 2027
Le créateur de ChatGPT préfèrerait patienter plutôt que de se coter à une valorisation inférieure à 1.000 milliards de dollars. L'un de ses actionnaires, Softbank, en fait les frais en Bourse. -
La demande intérieure et les services, deux atouts pour l'économie indienne
Touchée par la flambée des prix de l’énergie, l’Inde s’adapte et continue de se transformer. Depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014, le pays a mené des réformes importantes et veut gagner sa place parmi les grands de ce monde. -
Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
Pour les grandes entreprises françaises, les promesses du marché indien n'ont plus rien de théorique. Mais l'hypercroissance impose de relever nombre de défis. -
La facture électronique ne mobilise pas encore toutes les troupes
L’enquête de Spendesk pointe un paradoxe entre confiance face à la réforme et niveau réel de préparation de la part des directeurs financiers. -
Bayer s'envole en Bourse après une décision de justice sur le Roundup
La Cour suprême des Etats-Unis a annulé un verdict concernant ce désherbant qui aurait pu coûter cher au chimiste allemand.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
Seine colère« Emmanuel Grégoire se trouva fort dépourvu quand la canicule fut venue »
On assiste depuis une semaine à un naufrage dans les écoles parisiennes. Elles n’ont pu garder les enfants l’après-midi parce qu’il faisait 35 degrés dans les salles de classe, parfois davantage. Certes, beaucoup d’établissements scolaires en France connaissent pareille déconvenue durant cette canicule. Mais on n’imaginait pas qu’à Paris, après 25 ans de gestion socialo-écologiste, nous en serions à ce degré d’imprévoyance, d’impréparation et d’improvisation. -
Finances royales : au Royaume-Uni, Charles III mise sur la transparence et révèle un impôt record
Premier monarque britannique à dévoiler publiquement sa contribution fiscale, Charles III a révélé avoir acquitté plus de 30 millions de livres d'impôts depuis son accession au trône en septembre 2022, soit environ 35 millions d'euros -
CarrièreDéconnecter, une mesure de sauvegarde pour nos cerveaux
L’Observatoire B2V des mémoires, cet organisme créé par le Groupe de protection sociale B2V, pour explorer la mémoire et le fonctionnement de nos cerveaux et vulgariser l'information scientifique, nous rappelle pourquoi il est vraiment nécessaire de faire une pause