L’AMF invite la Place à se mobiliser sur le projet Euronext
Pour ses premiers vœux en tant que président de l’AMF, Gérard Rameix a donné le ton en exprimant le souhait d’un Collège plus diversifié, avec «une meilleure représentation des entreprises moyennes et des épargnants individuels». De quoi satisfaire certains acteurs de la Place qui se plaignent régulièrement d’un Collège aux mains de l’Afep et du Medef.
Pour l’heure, le régulateur relève deux urgences: l’avenir de la Place de Paris, et sa responsabilité envers des épargnants «qui sont souvent déroutés et déçus par l’évolution de la sphère financière». L’ancien médiateur du crédit s’inquiète particulièrement de l’écart «inédit et inquiétant» entre les besoins de financement des entreprises (hormis les plus grandes) et l’épargne. «Nous devons être ouverts à toute solution pour faciliter le financement, en fonds propres ou en dette, sans rien céder sur la protection des épargnants», lance Gérard Rameix.
Quant à la Place de Paris, avec un marché actions quasiment au point mort, «je veux essayer de conjurer un pessimisme qui me paraît excessif», poursuit Gérard Rameix. Mais, alors que le sort d’Euronext est de nouveau en balance, l’AMF rappelle les atouts de la Place parisienne: une épargne élevée, des grands émetteurs, des banques renforcées en fonds propres, et une gestion d’actifs solide.
Le projet d’ICE de scinder les activités continentales de Nyse Euronext «offre une possibilité aux places concernées de retrouver davantage d’autonomie et à tous les acteurs qui ne croyaient pas au rapprochement avec Nyse de promouvoir une solution plus européenne», insiste Gérard Rameix, appelant à une mobilisation de tous les acteurs et assurant que l’AMF sera particulièrement vigilante, notamment sur le fonctionnement du marché, sur la compensation, et sur le périmètre exact de son contrôle en zone euro.
Le président de l’AMF dévoilera son plan stratégique à trois ans pour le régulateur cet été. La réflexion interne en cours sera suivie d’un séminaire du Collège en février, puis d’une consultation de Place. Quoi qu’il en soit, la priorité sera de remettre la finance au service de l’économie réelle, en particulier en soutenant le projet de Bourse des PME, en intensifiant l’activité obligataire, et en trouvant de nouvelles solutions de titrisation et de refinancement.
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