L’Allemagne donne un coup de rabot dans ses émissions d’obligations d’Etat
L’univers des obligations d’Etat allemandes risque de se réduire davantage. L’agence fédérale de la dette allemande a indiqué hier que la baisse des besoins de financement du pays allait la conduire à réduire ses émissions d’obligations d’Etat à hauteur de 5 milliards d’euros par rapport au montant cible total de 185,5 milliards initialement prévu cette année hors obligations indexées. Les montants adjugés lors de la réouverture de deux lignes de Schatz à 2 ans prévue les 8 juillet et 23 septembre seront ainsi réduits d’un milliard d’euros chacun pour se limiter à respectivement 3 milliards et 4 milliards.
Sur les bons du Trésor, les deux nouvelles émissions de «Bubill» à 12 mois prévues le 24 août et 28 septembre pour un montant de 1,5 milliard d’euros chacune seront annulées.
Sur les 1.155 milliards d’euros d’obligations d’Etat allemandes qui étaient en circulation à la fin du mois de mai, la part des Bunds à 10 ans représentait 499 milliards (soit 43,2%), les titres courts 232 milliards (20%), les Bunds à 30 ans 193 milliards (16,7%) et les bons du Trésor 116 milliards (10%), selon les chiffres de l’agence. Les obligations indexées sur l’inflation pesaient à hauteur de 71 milliards (6,1%), avant le succès de l’émission à 30 ans réalisée il y a deux semaines avec un coupon de 0,10%, qui a permis d’ajouter 2,5 milliards d’euros supplémentaires au segment. Cette adjudication qui a rassemblé une demande de 5,7 milliards d’euros, s’inscrit dans le cadre du programme 2015 qui vise un montant total d’émissions d’obligations indexées de 10 à 14 milliards.
Malgré les tensions récentes sur les obligations d’Etat, la courbe des taux allemande reste négative jusqu’à la maturité 4 ans incluse. Mi-avril, elle était devenue négative jusqu’à 9 ans. Depuis, ce sont les maturités les plus longues qui ont le plus souffert, avec une hausse des rendements du Bund à 10 et 30 ans de 80 pb et 116 pb. Dans le même temps, la correction enregistrée sur le segment 2 ans est restée limitée à moins de 10 pb, la partie courte étant protégée par la promesse du maintien des rachats d’actifs de la BCE au moins jusqu’en septembre 2016.
Dans ce contexte, la pente de la courbe allemande s’est repentifiée très violemment de 72 pb sur la partie 2-10 ans et de 107 pb sur la partie 2/30 ans.
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