L’affaiblissement de la livre conforte les attentes de la Banque d’Angleterre
Le récent affaiblissement de la livre sterling face à l’euro devrait rassurer un peu les banquiers centraux britanniques. «La baisse de notre taux de change de près de 25% entre la fin de 2007 et le début de 2009 a réduit la différence entre nos exportations et nos importations en termes réels d’environ 3,5% du PIB à 1,5%», s’est félicité le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE), Mervyn King lors d’un discours à Belfast mardi soir.
Et d’ajouter : «La persistance d’un déficit des comptes courants démontre qu’un ajustement de la livre de cet ordre était certainement nécessaire pour le complet rééquilibrage de notre économie». Début décembre 2007, l’euro/livre était à 0,70 contre 0,88 à la fin du premier trimestre 2009 (elle a même atteint le niveau de 0,95 tout début janvier 2009). Hier soir, la parité était à 0,83. Selon Michael Saunders chez Citi, «le commentaire de King suggère qu’il ne serait pas mécontent de voir la livre retrouver les points bas touchés au début de 2009». L’analyste précise que le niveau de la livre pondéré par les échanges était de 77,4 au premier trimestre de cette année, soit 4,4% en dessous de son niveau de mardi soir.
Les minutes du comité de politique monétaire de janvier publiées hier soir indiquent aussi que les membres de la BoE sont favorables à un affaiblissement de la livre. «L’existence d’un déficit des comptes courants à l’heure où l’activité est déprimée et le très haut niveau des capacités inutilisées pourraient suggérer que le taux de change réel de la livre a été supérieur au niveau compatible avec le solde extérieur», est-il souligné.
Ce n’est pas la première fois que les banquiers centraux manifestent leur inquiétude à ce sujet. Le contexte actuel devrait les rassurer. «Nous nous attendons à ce que la livre soit de plus en plus sous pression dans les mois à venir», écrivent les analystes de Morgan Stanley. Avec la stabilisation des marchés, la livre perd son statut de valeur refuge et devrait «devenir beaucoup plus sensible aux mauvaises nouvelles en Grande-Bretagne».
Les analystes de Morgan Stanley pariaient encore hier que la BoE augmentera son programme de rachats d’actifs en février (à 375 milliards de livres aujourd’hui). Mais pour beaucoup de leurs collègues, les dernières minutes suggèrent plutôt que la banque n’interviendra pas dans l’immédiat. A 8 voix sur 9, ils ont décidé de maintenir la politique monétaire inchangée en janvier.
Plus d'articles du même thème
-
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation. -
Le retrait du PIF force le LIV Golf à penser au coup d’après
Le fonds souverain saoudien a pris la décision de ne plus financer le LIV Golf, une compétition de golf qui depuis sa création en 2021 a ébranlé le monde des circuits de golf professionnels. -
Les fonds de pension britanniques devront jouer le jeu de la préférence nationale
La chancelière de l'Échiquier du Royaume-Uni a remporté une bataille pour contraindre les fonds de pension à investir leurs actifs dans le pays. -
Nomura AM International crée le poste de directeur des investissements
Il revient à Andrew Goldberg qui a passé plus de vingt ans chez JP Morgan, où il a créé le Guide des marchés et dirigé des initiatives sur les actifs alternatifs. -
Alphabet est dopé par la croissance fulgurante de son activité de cloud
S’il est le géant technologique qui cumule le plus de d'investissements en IA, Google a la confiance des investisseurs. Le bond de 63 % de son chiffre d’affaires pour son activité cloud au premier trimestre y contribue largement.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
CastagneAu Sénat, le report d'une note sur un pesticide vire au pugilat
Le report d'une note scientifique sur l'acétamipride a frôlé la confrontation entre le sénateur PS Michaël Weber et le président LR de l'Office parlementaire scientifique -
Seine colèreEnseignement libre : la gauche tentée de rallumer la guerre scolaire en commençant par Paris
Les Parisiens n’ont pas fini de voir des parents protester contre des fermetures de classes. La capitale sera la ville de France où le choc démographique sera le plus brutal. Il y a désormais plus de décès que de naissances dans l’Hexagone. Les projections nationales évaluent la baisse prévisible du nombre des élèves à 1,7 million à l’horizon 2035. -
Mise au pointComment le gouvernement veut tuer tout retour du débat sur la cagnotte liée à la crise énergétique
Le rapporteur général du budget au Sénat, le LR Jean-François Husson, a estimé que le retour de l'inflation conduirait à près de 21 milliards d’euros de diminution de la charge réelle de la dette. Un chiffre que conteste l'exécutif