L’accord budgétaire américain devrait avoir peu d’impact sur la croissance
Même s’il n’offre qu’une solution temporaire, le compromis à l’arraché sur le «fiscal cliff» réduit le risque d’une nouvelle récession aux Etats-Unis. Les analystes estiment en effet que le plan adopté cette semaine par le Congrès et ratifié par Barack Obama permet de rassurer sur les perspectives de reprise économique du pays, l’impact sur la croissance s’annonçant dans un premier temps limité. Pour une majorité d'économistes, les détails de l’accord confortent le scénario d’une croissance autour de 2% du PIB pour 2013 alors que l’Europe lutte pour éviter de s’enfoncer dans la récession.
Barclays Capital vient ainsi de confirmer sa prévision de hausse de 2,1% du PIB américain cette année. Les analystes de Natixis ont même révisé leurs prévisions de croissance en légère hausse de 1,5% à 1,8% en 2013 «en raison d’un accord plus favorable qu’attendu». L’accord prévoit en effet le maintien des allègements d’impôts hérités de l’ère Bush pour les foyers dont le revenu est inférieur à 450.000 dollars par an. Au-dessus de ce seuil, le taux d’imposition est passé de 35% à 39,6%. La hausse des cotisations salariales destinées à financer le programme de protection sociale Medicare devrait toutefois venir amputer le pouvoir d’achat des ménages américains. Pour le courtier Aurel, «l’accord éloigne le risque de choc important», mais «il reste incomplet et aura un impact négatif sur le revenu des ménages notamment en raison du relèvement de deux points de deux taux de cotisations sociales». Le Tax Policy Center, un think tank évalue à 700 dollars par ménage le coût de cette mesure.
Les analystes soulignent que si l’accord a permis d’éviter un resserrement fiscal extrêmement défavorable à l’économie sur le court terme, il n’a pas résolu le défi des finances publiques à long terme. Le texte se contente de repousser de 2 mois un certain nombre de coupes dans les dépenses publiques. Surtout, l’accord laisse de côté la question cruciale de la lutte contre le déficit public et du relèvement du plafond de la dette fixé à 16.400 milliards de dollars et qui a été atteint fin 2012. «Selon l’estimation du CBO (Congressional Budget Office), la loi a rajouté 3.900 milliards de dollars au déficit public sur les dix ans à venir par rapport au scénario de base d’une législation inchangée» souligne Natixis.
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