La taxe sur les transactions financières pourrait prendre au moins six mois de retard
C’est dans une note de mise à jour discrètement publiée la semaine dernière sur son site internet, repérée par le Wall Street Journal (WSJ), que la Commission européenne évoque un calendrier révisé pour le lancement de la taxe sur les transactions financières (TTF).
Poussée par onze Etats européens, dont la France et l’Allemagne, dans le cadre d’une coopération renforcée, cette taxe vise à dégager des revenus annuels estimés par la Commission entre 30 et 35 milliards d’euros. Bruxelles a présenté en février dernier un dispositif appliquant une taxe de 0,1% sur les échanges d’actions et d’obligations et de 0,01% sur les transactions de produits dérivés entre institutions financières, si au moins l’une des parties est basée dans l’Union européenne.
Alors que ce schéma était supposé entrer en vigueur le 1er janvier 2014, un report d’au moins six mois est désormais envisagé ouvertement. «Si des accords sont trouvés d’ici la fin de 2013, et qu’il y a une transposition accélérée dans le droit national par les Etats membres participants, ce cadre commun pour la TTF pourrait encore entrer en vigueur autour de la mi-2014», avance la Commission européenne. Cette dernière rappelle toutefois que le Royaume-Uni conteste la légalité de la décision de Bruxelles sur la procédure de coopération renforcée, même si cette attaque juridique n’entraîne pas d’effet suspensif.
Selon des responsables européens cités par le WSJ, la proposition de la Commission ne fait pas encore l’unanimité au sein du groupe de onze participants, dans un contexte économique tendu en Europe. «Un report de cette taxe est devenu inévitable étant donné le manque de progrès par le groupe de travail [des ambassadeurs européens], et le temps nécessaire pour ensuite la mettre en œuvre», souligne Richard Asquith, responsable du pôle fiscalité chez TMF Group, cité par le quotidien.
Un consensus pourrait néanmoins émerger autour d’une taxe plus limitée dans un premier temps sur les transactions boursières, à l’image de l’impôt de Bourse britannique (stamp duty). Une nouvelle réunion des diplomates européens est prévue le 2 juillet prochain sur le sujet.
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
La finance française s'organise pour peser sur le débat présidentiel autour de la retraite par capitalisation
Chercheurs, investisseurs institutionnels, gérants et acteurs de l'épargne salariale se sont réunis le 22 avril 2026 lors d'un colloque organisé par la chaire Transitions Démographiques Transitions Economiques pour présenter un front commun en faveur d'une dose de capitalisation dans le système de retraites français, à un an de l'élection présidentielle. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre. -
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
La dette émergente corporate joue les actifs refuges
Ce segment du marché a été le plus résilient dans la dette émergente et dans la plupart des actifs risqués depuis le début du conflit en Iran. -
Sophie Kurinckx-Leclerc : «Banijay conserve de la flexibilité pour des opportunités de M&A»
En quelques mois, le spécialiste du divertissement a annoncé deux acquisitions majeures. La directrice financière de Banijay, Sophie Kurinckx-Leclerc, détaille l’impact de ces opérations sur les activités et les finances de l’entreprise.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Marie Dauvergne (BNPP AM) : « La gestion solidaire est de l'investissement, pas de la philanthropie »
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie