La suspension d’Ex-Im pourrait pousser Boeing et GE à délocaliser
Après Boeing, General Electric est le deuxième grand exportateur américain à évoquer des délocalisations d’emplois manufacturiers suite à la cessation des activités de l’Export-Import Bank le 1er juillet dernier. Des élus républicains ont fait du démantèlement de la banque publique à l’export un symbole de la lutte contre le «corporate welfare» et refusent de renouveler la charte nécessaire aux opérations de celle-ci.
Pour sauver l’Ex-Im, les grands groupes américains qui bénéficiaient de ses crédits à l’exportation ont déployé un lobbying intense ces derniers mois. Boeing et General Electric sont en première ligne pour dénoncer les effets sur leurs entreprises de l’absence de financement public. Lors d’une conférence à Washington le 29 juillet, Jim McNerney, co-président de Boeing, a annoncé que l’avionneur cherchait déjà à transférer des «parties importantes» de ses activités dans d’autres pays proposant des crédits à l’exportation.
«Je commence à croire que j’avais tort», a-t-il expliqué à propos de sa décision de favoriser la production en interne aux Etats-Unis plutôt que de sous-traiter à l’étranger. Reuters rapportait jeudi que plusieurs négociations de Boeing étaient négativement touchées par l’incertitude entourant le sort d’Ex-Im, notamment pour des satellites commerciaux.
Chez General Electric, le vice-président en charge des opérations internationales John Rice déclarait jeudi que des contrats pesant plus de 10 milliards de dollars étaient menacés. «On identifie les agences de crédit à l’export qui peuvent nous soutenir et ce n’est pas aux Etats-Unis» indique-t-il. Dans ce cas, la production se ferait dans les usines de pays garantissant les exportations, soit le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Chine ou la Hongrie. D’après les déclarations du dirigeant, GE prend déjà des mesures pour transférer certaines productions hors des Etats-Unis.
Grâce à l’appui du leadership républicain à la chambre des représentants, les dernières tentatives pour relancer la banque ont échoué, notamment l’adjonction d’un amendement à une loi portant sur le financement des infrastructures autoroutières. Avec le début des vacances parlementaires, tout nouvel essai devra attendre septembre. Pour John Rice, «ces gens ne comprennent pas comment fonctionne la mondialisation, ils ne veulent pas le savoir».
Plus d'articles du même thème
-
L'espoir de paix au Moyen-Orient donne un élan mesuré aux actions européennes
L’annonce d’un prochain accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran est une bonne nouvelle pour les marchés européens qui ont particulièrement souffert de la crise énergétique. Mais tout n’est pas réglé. La réaction mesurée des marchés lundi en témoigne. -
La Fed de Kevin Warsh est déjà sous contrainte
Le FOMC des 16 et 17 juin, le premier de son nouveau président, ne modifiera pas les taux Fed Funds. Il pourrait abandonner le «biais accommodant» dans sa déclaration. Il sera intéressant de voir comment la communication de la banque centrale évoluera à moyen terme. -
Le G7 suspendu aux humeurs de Donald Trump
La réunion d’Evian, conçue comme l’occasion de relancer le dialogue et le multilatéralisme, débute sous des auspices mitigés, la perspective du règlement du conflit avec l’Iran et de nouvelles menaces de tarifs douaniers contre la France. -
Sur la Bourse on-chain Lise, ST Group patine
Après deux millions d’euros levés lors de sa cotation, le titre de ST Group peine à être échangé sur la Bourse on-chain Lise. Les échanges cumulés atteignent à peine 70.875 euros, soit moins de 2 % du flottant. -
Le rapport parlementaire sur les fonds spéculatifs opte pour des mesures chocs
Le parti pris négatif de ce rapport, relevé par le président de la commission d’enquête, pourrait toutefois fragiliser la mise en œuvre des 40 recommandations. -
La SCPI Volt Europe mise sur l'énergie solaire pour renforcer sa performance
Ce nouveau fonds combine rendement immobilier et production d'énergie renouvelable. La SCPI investira dans trois pays d'Europe du Sud au fort ensoleillement.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
Contenu de nos partenaires
-
Highway to hellLe sort de l'A69 entre les mains du Conseil d'Etat
Le sort de l'autoroute Toulouse-Castres est une nouvelle fois entre les mains de la justice, pour une décision qui pourrait mettre un terme à la guérilla juridique contre le chantier -
Time To Get SoftTrump et l'Iran : un accord faute de mieux
Donald Trump a juré de ne jamais reproduire l'accord iranien de Barack Obama. Trois mois de guerre plus tard, il est pourtant de retour à la table des négociations pour conclure un deal qui pourrait bien lui ressembler -
Bling bling« Ces images sont une erreur » : au RN, le malaise Bardella après le Grand Prix de Monaco
Des images de Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco, circulant pendant la marche blanche en hommage à la petite Lyhanna, ainsi que sa réponse sur BFM – « des marches blanches, il y en a tous les jours » – inquiètent en interne. Certains craignent de voir le dauphin de Marine Le Pen s'éloigner de son image populaire pour basculer dans le « bling-bling »