La Suisse passe à l’action pour contrer la surchauffe immobilière
Le gouvernement suisse est passé à l’action pour protéger ses banques et l’économie contre la flambée des prix de l’immobilier. Sur les conseils de la Banque nationale de Suisse (BNS), le Conseil Fédéral demande aux banques de mettre plus de fonds propres en face de leurs prêts immobiliers. La mesure, qui constitue une première, fait grincer des dents les banquiers.
Ces derniers ont pourtant jusqu’au 30 septembre prochain pour mettre en place un volant anticyclique de fonds propres correspondant à 1% des positions pondérées en fonction des risques, sur les prêts hypothécaires servant à financer des logements. Les autorités peuvent exiger un volant allant jusqu’à 2,5% des positions mais elles jugent que ce n’est pas nécessaire à ce stade car la montée des prix de l’immobilier reste moins importante que celle qui avait précédé la crise immobilière et bancaire des années 80.
La banque centrale indique cependant que, immigration et taux bas aidant, le volume des prêts hypothécaires et les prix de l’immobilier ont continué leur progression au second semestre 2012. Et ce, malgré les mesures d’autoréglementation adoptées cet été. A ses yeux, cette «dynamique haussière a entraîné des déséquilibres qui, à moyen terme, représentent un risque considérable pour la stabilité du secteur bancaire suisse et, partant, pour l’économie suisse en général».
L’endettement hypothécaire a progressé plus vite que l’économie nationale et son niveau par rapport aux revenus est «jugé risqué aussi bien du point de vue historique qu’en comparaison internationale», ajoute le Conseil Fédéral. Pour prévenir une bulle, la banque centrale pourrait théoriquement augmenter les taux d’intérêt. Cette solution est cependant exclue compte tenu de la faiblesse de l’économie et de la force du franc, pour lequel la BNS a fixé un taux plancher face à l’euro à 1,20.
Ces arguments n’ont pas suffi à convaincre les banquiers du bien-fondé de la mesure. Dans un communiqué l’Association suisse des banquiers (ASB) assure qu’il n’y a «pas de bulle immobilière généralisée en Suisse», les tensions étant circonscrites à quelques zones. Elle argue que l’autoréglementation n’a pas eu le temps de déployer ses effets modérateurs. Qui plus est, les banquiers jugent que le volant est inefficace car «formulé de façon trop approximative». Pire, ils brandissent la menace d’une «possible hausse des coûts du crédit précisément pour les PME».
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