La sortie de récession s’annonce laborieuse en France
Après une contraction de 0,2% de l’activité économique française au premier trimestre à la suite d’un repli inattendu des exportations, l’Insee table sur un net redressement de la demande extérieure adressée à l’Hexagone sur le reste de l’année (+1% en moyenne par trimestre contre un repli de 0,3% à fin mars). Cette évolution serait principalement due au rebond des importations allemandes et à la poursuite de la croissance aux Etats-Unis et au Japon.
La hausse de 0,9% prévue au deuxième trimestre pour la production manufacturière ne devrait avoir qu’un effet d’entraînement limité sur les services, pénalisés par «une demande intérieure peu vigoureuse» tout au long de l’année. L’activité dans le bâtiment continuerait à reculer jusqu’à l’automne avant de se stabiliser en fin d’année, après l’amélioration déjà visible sur les mises en chantier. L’indicateur le plus préoccupant concerne sans doute l’investissement des entreprises non financières qui se contracterait de 2,4% sur l’ensemble de l’année, après un repli de 1,9% en 2012, dans un contexte «peu propice à l’expansion des capacités productives».
Malgré le ralentissement des prix à la consommation (+0,8% en moyenne annuelle après +1,9% en 2012) le pouvoir d’achat n’enregistrerait qu’un léger redressement (+0,2% après -0,9%) en raison du repli des revenus d’activité. La consommation des ménages resterait quasiment nulle (-0,1% après -0,4%) car l’Insee anticipe une hausse de 0,3 point de l’épargne de précaution qui porterait le taux d’épargne à 15,9%, alors que celui-ci avait baissé d’un demi-point l’an dernier. Ce comportement s’explique par la détérioration du marché du travail qui conduirait à un taux de chômage de 11,1% à fin 2013 (+0,6 point sur un an).
Au total, le PIB français afficherait en moyenne annuelle une baisse de 0,1% après avoir stagné en 2012. «En glissement annuel, l’activité progresserait cependant de 0,1% après une contraction de 0,3%», ajoute l’institut. Les aléas baissiers sur ce scénario concernent le prix du pétrole susceptible de rebondir par rapport à l’hypothèse retenue de 104 dollars par baril, ainsi que l’activité dans les services dont la faiblesse pourrait être plus marquée que prévu. Un redressement plus rapide qu’escompté dans les pays d’Europe du Sud pourrait en revanche stimuler davantage les débouchés à l’export des entreprises établies en France.
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