La reprise de l’économie française devrait s’affirmer d’ici à fin 2015
Le redressement graduel de l’activité en France et dans l’ensemble de la zone euro ne devrait pas être compromis par le ralentissement persistant des pays émergents ou le récent trou d’air des économies anglo-saxonnes, prévoit l’Insee dans sa dernière note de conjoncture. La dépréciation passée de l’euro favorisera les exportations françaises dont la progression est attendue à 5,2% sur l’année.
La contribution du commerce extérieur à la croissance du produit intérieur brut (PIB) français resterait néanmoins légèrement négative (-0,2 point en 2015 après -0,5 point l’an dernier), en raison d’une accélération encore plus importante (+5,6%) des importations.
Dans un contexte de stabilité anticipée des prix (+0,2% en glissement annuel prévu à fin décembre), le pouvoir d’achat des ménages serait porté par une moindre hausse des prélèvements obligatoires et un rebond des revenus de la propriété. Il augmenterait de 1,9% (après +1,1% en 2014), «ce qui constituerait sa plus forte hausse depuis 2007». Ceci permettrait à la consommation de croître de 1,6% (contre +0,6% en 2014), en retenant un taux moyen d’épargne de 15,4% sur l’année (après 15,1% en 2014). L’accélération de l’emploi marchand attendue à partir de l’été, combinée à une poursuite de la hausse de l’emploi non marchand, «serait suffisante pour stabiliser le chômage à 10,4%, son niveau de mi-2015 et de fin 2014», pronostique l’institut.
L’investissement des ménages dans le logement devrait encore se contracter fortement cette année (-4,7% après -5,3%). Mais celui des entreprises est promis à une nette accélération au second semestre, soutenu par la mesure temporaire de suramortissement des équipements industriels, une remontée sensible du taux de marge (31,2% contre 29,5% l’an dernier) et l’amélioration du climat des affaires constatée depuis le mois de mars.
En moyenne annuelle, la croissance française ressortirait à +1,2% en 2015, après +0,2% l’an dernier, sa progression la plus importante depuis 2011. Au quatrième trimestre 2015, le PIB augmenterait même de 1,6% en glissement annuel. L’aléa principal entourant ce scénario concerne l’investissement des entreprises, dont l’accélération attendue nécessite une intensification des capacités de production. Le scénario retenu suppose par ailleurs le maintien d’une stabilité de l’Union monétaire «quelle que soit l’issue des négociations entre la Grèce et ses créanciers».
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