La nouvelle politique du GPIF nécessite le soutien de la Banque du Japon
Le premier ministre japonais Shinzo Abe a officialisé le placement de trois de ses fidèles au sein du comité d’investissement du fonds de retraite public du pays (GPIF), le plus important au monde avec 129.000 milliards de yens (910 milliards d’euros) d’actifs sous gestion. Une décision qui «constitue un pas important vers une politique de gestion de son portefeuille plus tournée vers les actifs risqués, et moins vers les obligations d’Etats japonaises (JGB)», estime Citigroup. Son président Takahiro Mitani pourrait même passer à la trappe avant l’annonce de la nouvelle politique d’investissement pour les quatre prochaines années qui aura lieu en juin.
En cohérence avec la politique menée par Shinzo Abe, les investissements en actions, mais aussi en obligations indexées sur l’inflation, et en dette étrangère, notamment des pays émergents, sont en ligne de mire. Afin de mettre en œuvre cette politique d’investissement plus agressive, le président du comité de réorganisation du GPIF, Takatoshi Ito, s’est prononcé la semaine dernière en faveur d’une cession de 25.000 milliards de yens de JGB, soit plus d’un tiers du portefeuille d’emprunts d’Etat détenu par le GPIF. Des titres qui pourraient être rachetés en partie par la BoJ.
Une politique qui n’est pas sans risque pour la stabilité du marché des obligations d’Etat japonaises, qui occupent actuellement 55% du portefeuille du GPIF, soit environ 500 milliards d’euros. «Nous redoutons que lorsque le GPIF débutera sa politique de réduction de ses détentions de JGB, cela n’entraîne des craintes de voir une envolée des rendements», estime Citigroup qui prévoit une augmentation du montant des rachats d’actifs de la BoJ pour contrebalancer ce risque. Jusqu'à présent, la politique monétaire agressive de la BoJ a réussi à maintenir le rendement des JGB à 10 ans sous 0,92% et à une moyenne de 0,72% depuis deux ans.
La semaine dernière, Shinzo Abe a reçu le gouverneur de la BoJ pour s’assurer de sa volonté de fournir un nouveau soutien à l’économie nipponne pour contrebalancer les effets de la hausse du taux de TVA à 8% début avril. Dans ce contexte, le changement de politique d’allocation d’actifs du GPIF et une rallonge de la BoJ constituerait un «double bazooka en faveur d’un affaiblissement du yen», prédit Citigroup. La devise nipponne a repris 2,5% contre dollar depuis le début de l’année après une dépréciation de 35% depuis octobre 2012.
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