La notation non sollicitée des dettes souveraines est désormais encadrée
Les eurodéputés ont voté hier la nouvelle réforme des agences de notation. «Nous n’aurions pas eu ce troisième règlement s’il n’y avait pas eu la polémique sur la notation des dettes souveraines», a déclaré mardi 15 janvier à Strasbourg le socialiste italien Leonardo Domenici, qui a piloté le dossier au nom du Parlement européen.
En réaction aux dégradations en cascade des dettes publiques des pays de l’Eurozone en difficulté, le futur règlement imposera aux agences d’établir un calendrier annuel des notations souveraines qui comportera un maximum de trois notes non sollicitées. Sauf circonstances exceptionnelles, ces notes seront publiées le vendredi après la clôture des marchés. Fin 2016, la Commission européenne fera un rapport sur le bien-fondé d’une agence européenne de notation dédiée à l’évaluation de la solvabilité des Etats membre.
Autre mesure, contre laquelle l’industrie s’est beaucoup battue, l’introduction d’un régime de responsabilité civile pour les agences en cas de négligence grave ou de violation intentionnelle de la législation. C’est «une avancée majeure pour la protection des investisseurs et des émetteurs», s’est félicité le commissaire chargé du Marché intérieur, Michel Barnier.
Afin de lutter contre les conflits d’intérêts potentiels, le règlement interdit à un investisseur de détenir plus de 5% du capital de plusieurs agences. Une agence ne pourra pas noter un acteur financier si celui-ci détient plus de 10 % de son capital. D’autres dispositions favorisent une transparence accrue, notamment pour les actionnaires détenant plus de 5% du capital d’une agence. Et les notations seront publiées sur une plate-forme européenne. Pour Michel Barnier, «cette mesure renforcera la visibilité et la comparabilité des notations des instruments financiers».
Leonardo Domenici a quand même relevé que l’ambition initialement affichée s’était heurtée à de fortes résistances de l’industrie et de certains États membres, «debout sur la pédale de frein». Initialement, il avait envisagé d’interdire totalement les notations non sollicitées de dettes souveraines. La Commission envisageait aussi une véritable rotation des agences afin d’insuffler plus de concurrence sur un marché oligopolistique dominé par S&P, Moody’s et Fitch. Ce principe demeure, mais il concernera uniquement les produits financiers re-titrisés. Pour le reste, les émetteurs seront simplement encouragés à recourir à, au moins, une «petite» agence.
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors. -
Acadian Asset Management muscle ses effectifs en Asie
La société de gestion systématique poursuit son expansion régionale avec trois nominations à Singapour. -
Nvidia multiplie les initiatives pour étendre son hégémonie aux différents marchés de l'IA
Le géant des puces investit et noue des partenariats afin de se rendre incontournable au sein de l'écosystème de l'intelligence artificielle. -
Le yen reste sous pression
Retrouvez comme chaque semaine le tour d'horizon du marché des changes par DeftHedge.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Aymeric Oudin (Adereim) «Le logement ne peut plus être considéré comme un placement passif»
- H2O AM boucle la liquidation des actifs de ses fonds cantonnés
Contenu de nos partenaires
-
Loi d'urgence agricole : les 5 points de discorde majeurs qui opposent le Sénat et l'Assemblée
Le Sénat a tranché en faveur d’un texte plus souple mais le vrai combat s’ouvrira le 16 juillet lors d’une Commission mixte paritaire (CMP) où députés et sénateurs tenteront de concilier leurs visions divergentes -
Flagrant délitEn Inde, une affaire de détournement de fonds fragilise le BJP de Narendra Modi
Déjà affaiblie par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la formation du Premier ministre est mise en cause dans un scandale autour du temple de Ram sur lequel elle a bâti sa popularité -
La France doit reconnaître la filiation actée par un tribunal étranger d'un enfant né par GPA, dit la Cour de cassation
Cette décision du 3 juillet concerne un couple d'hommes français résidant au Canada et pères de trois enfants. Pour la Cour de cassation, l'interdiction de la GPA en France ne suffit plus à bloquer l'exequatur d'un jugement de filiation étranger