La guerre des changes frappe durement l'économie sud-coréenne
La force du won pèse sur l’économie sud-coréenne. Sous l’effet des politiques ultra-accommodantes mises en place aux Etats-Unis et au Japon, la devise sud-coréenne s’est appréciée de 10,4% contre dollar et de 26,5% contre yen depuis juin 2012. Conséquence pour l’économie du pays qui dépend de son commerce extérieur à hauteur de plus de 50% : un ralentissement de la croissance du PIB à 2% l’an passé, son plus faible niveau depuis 2009 après 3,6% en 2011.
Si le rebond de l’économie chinoise a permis d’amortir le ralentissement de l’activité, avec des exportations vers le pays en hausse de 6,3% sur un an après une chute de 2,9% au trimestre précédent, les exportations globales se sont contractées de 1,2% fin 2012 après une hausse de 2,8% au troisième trimestre. «Malgré des signes de reprise dans les exportations et la consommation privée, le faible niveau d’investissement des entreprises causé par la volatilité des changes et le marché immobilier en berne devraient peser sur la croissance», estime Lee Cheol-hee, économiste chez Tongyang Securities.
«On ne peut pas encore dire avec certitude que l’économie a touché son point bas. La croissance devrait se redresser au premier semestre, soutenue par l’augmentation des dépenses publiques orchestrée par le gouvernement», indique Kim Young-bae, directeur du département des statistiques économiques de la Banque de Corée (BoK). L’autorité a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2013 de 0,4 point à 2,8%, et à 3,8% pour 2014.
Outre des interventions ponctuelles sur le marché des changes et des promesses de durcissement de la régulation, le gouvernement a instauré un fonds de soutien et des taux minorés pour protéger les PME contre les fluctuations du won. Hyundai Motor a annoncé hier une chute de 5,5% de son résultat net trimestriel et Kia Motors de 6,7%, à cause d’effets de change défavorables. Samsung Electronics chutait ce matin de plus de 2% en Bourse après avoir estimé que la hausse du won pourrait amputer son résultat de 2,8 milliards de dollars. Les autorités estiment qu’une hausse d’un point du won/dollar conduit à une baisse des marges de 0,139 pour les PME.
Séoul prévoit en outre de concentrer 72% de son budget 2013 sur le premier semestre afin de stimuler l’activité, et pourrait consentir à une rallonge en cours d’année en cas de conjoncture défavorable. Parallèlement, après avoir laissé ses taux directeurs inchangés à 2,75% depuis octobre, la BoK pourrait opter pour une baisse de 25 pb en février ou mars grâce au ralentissement de l’inflation à 1,4% en décembre.
Plus d'articles du même thème
-
La dette publique des Vingt-Sept continue de croître
Majoritairement libellée en euros, la dette publique des Etats membres de l’Union européenne s’établit en moyenne à 80% du PIB, sauf dans les pays d’Europe du Sud où elle dépasse les 100%, à l'exception du Portugal. -
Intesa fait entrer la consolidation bancaire italienne dans une nouvelle ère
La plus grande banque italienne a lancé une offre pour racheter MPS-Mediobanca quelques heures après que Banco BPM a fait une proposition similaire. De quoi bouleverser les équilibres de l'ensemble de la finance transalpine. -
La conjoncture en Europe incite à la prudence sur le crédit
Les primes de crédit sont plus serrées qu’avant le conflit en Iran alors que la demande continue de soutenir la classe d’actifs. Mais certains stratégistes incitent à la prudence, notamment sur le Vieux Continent. -
Le Nord fait toujours mieux que le Sud en matière de délais de paiement
L'étude Payment Study 2026 fait un tour du monde des comportements de paiement à travers 37 pays. Le Danemark y fait toujours figure d'élève modèle. -
Coupe du monde: ces entreprises cotées à surveiller
La Coupe du monde de football débute jeudi, et les investisseurs seront à l'affût d'éventuelles bonnes surprises pour leurs portefeuilles d'entreprises américaines. -
SFR, 20 milliards d’euros et d'incertitudes
L'accord de Bouygues Telecom, Orange et Iliad pour racheter leur rival soulève des questions inédites avec un calendrier très étalé dans le temps, une valorisation élevée de la cible, des conséquences redoutées pour les consommateurs, sans oublier le flou sur le sort des 8.000 salariés de l'opérateur.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Greystar boucle le plus grand fonds résidentiel européen value-add
- Arkéa AM recrute un gérant multigestion
Contenu de nos partenaires
-
Face à Israël et l'Iran, Donald Trump arbitre malgré lui
En un week-end, le président américain a dû exhorter à la fois l'Iran et Israël à cesser le feu, révélant toute la fragilité d'une trêve qu'il peine à imposer à des belligérants qui, eux, sont prêts à prolonger la guerre -
Les entreprises étrangères fuient Cuba alors que son économie s’effondre
Mastercard et Visa suspendent les transactions, les opérateurs hôteliers se retirent et une importante entreprise minière canadienne réfléchit à sa présence -
Tentation du remède miracleSupprimer l'âge légal de départ à la retraite ? Cette fausse bonne idée qui séduit les politiques
Face au rejet du recul à 64 ans, certains responsables politiques envisagent de supprimer l’âge légal pour miser sur la durée de cotisation. Une manœuvre qui pourrait aggraver les inégalités sociales au lieu de les résoudre