La Grèce pourrait avoir besoin d’un deuxième prêt-relais en août
La catastrophe aura été évitée de justesse. La Grèce devrait rembourser aujourd’hui à la BCE les 3,5 milliards d’euros d’obligations qui arrivaient ce jour à échéance, ainsi que les arriérés de paiement dus au FMI. Au total, les échéances immédiates du pays se montent à 6,7 milliards, et seront couvertes grâce au prêt-relais de trois mois de 7,1 milliards que l’Union européenne a accepté d’accorder à Athènes par le biais de l’EFSM, le Mécanisme européen de stabilité financière.
Les Européens ont encore dû biaiser avec les règles. Lors de la création du Mécanisme européen de stabilité (MES) en 2010, il avait été convenu de ne plus utiliser l’EFSM pour sauvegarder la stabilité de la zone euro. A la différence du MES, le fonds est en effet le bras armé de l’UE et profite donc aussi à des Etats situés hors zone euro. D’où la réticence du Royaume-Uni ou de la Suède à l’utiliser pour la Grèce.
Pour vaincre leurs préventions, il a donc été décidé que l’exposition des pays non membres de la zone euro au prêt-relais grec serait couverte par les profits 2014 de la BCE sur ses obligations grecques. Par ailleurs, «tout usage futur de l’EFSM ou d’un instrument de nature similaire, afin de garantir la stabilité financière d’un Etat membre dont la devise est l’euro, sera conditionné à des arrangements (collatéral, garantie ou équivalent) permettant d’assurer que les Etats membres hors zone euro n’encourent pas d’exposition financière directe ou indirecte», indiquait vendredi un communiqué du Conseil de l’UE. La Commission va proposer de changer les règles du fonds dès que possible.
La précaution est utile. Il restait, avant le prêt-relais de vendredi, 13,2 milliards dans l’EFSM, «ce qui permettrait de l’utiliser à nouveau si un financement transitoire était nécessaire en août», estime RBS. Or, Athènes a plus de 3 milliards à rembourser à ses créanciers le 20 août. Après l’accord de parlements nationaux tels que le Bundestag, où 60 députés du camp de la chancelière Angela Merkel ont tout de même joué les frondeurs, les négociations vont reprendre avec la Grèce pour un troisième plan d’aide accordé par le MES. Il n’est pas sûr qu’elles aboutissent avant le 20 août. L’EFSM pourrait donc à nouveau servir de filet de sécurité. Le fonds présente l’avantage de prendre ses décisions à une double majorité qualifiée – 16 Etats sur 28, pesant 65% de la population – alors que le MES, vrai instrument de soutien à long terme, se prononce à l’unanimité.
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