La dette émergente est à la fois très chère... et encore bon marché
La dette émergente a représenté depuis 2009 une source de diversification majeure pour les investisseurs et il faut s’interroger sur ses niveaux de valorisation, alors que la moyenne des rendements observés tourne autour de 4%. Près des deux tiers de la capitalisation des grands indices de dette émergente sont désormais constitués d’émissions «investment grade». Ceci se traduit par une corrélation des performances avec l’évolution des taux d’intérêt américains.
Si l’on peut s’attendre à une poursuite de l’assouplissement quantitatif d’ici à fin 2014 permettant de limiter le potentiel d’une forte remontée des taux, toute surprise sur la croissance du PIB américain pourrait être négative pour ces émissions. Rappelons que la dette brésilienne en dollars à 10 ans se traite désormais à près de 2,7% soit à peine 0,7% au-dessus des Treasuries de même maturité… Désormais, une émission de dette émergente de qualité expose l’investisseur à un risque de perte en capital de près de 8% en cas de remontée des taux longs de 1%, soit 2% de plus qu’il y a 5 ans.
Un second groupe d’émetteurs émergents, un ou deux crans sous l’«investment grade», peut certes permettre de combiner des rendements satisfaisants et un certain niveau de diversification. Mais il faut désormais aller chercher du côté des pays les plus «mal aimés» - comme l’Ukraine, l’Argentine ou le Venezuela - et des émetteurs corporates notés B- ou en dessous pour trouver des rendements supérieurs à 7%. Ces opportunités, bien que nombreuses, doivent faire l’objet d’une analyse rigoureuse et parfois de positions plus tactiques. Autant dire que c’est la recherche d’alpha qui doit désormais primer dans les gestions de dette émergente. Les afficionados du «bêta» risquent fort de subir quelques déconvenues.
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