La Commission européenne déclenche les hostilités contre l’Italie
Ca ne passe pas. Comme attendu, l’exécutif européen a critiqué hier le projet de budget 2019 de l’Italie, donnant trois semaines à Rome pour y apporter des modifications. En cause : un accroissement de 0,8% du déficit structurel, au lieu de la réduction de 0,6% exigée par les règles européennes. Un manquement «particulièrement grave», a insisté Bruxelles, qui n’était encore jamais allée aussi loin depuis l’instauration des règles budgétaires européennes.
«Il peut être tentant de ne pas respecter les règles, mais à la fin, le fardeau de la dette pourrait se révéler trop lourd», a commenté le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis. Selon lui, l’Italie a dépensé environ 65 milliards d’euros pour le service de la dette en 2017, soit autant que le poste budgétaire dédié à l’éducation. «Il s’agit de justice générationnelle : quel signal laissons-nous aux jeunes générations en leur laissant de tels montants de dettes?», a-t-il plaidé.
Sanctions
Les échanges entre Rome et Bruxelles risquent d'être musclés dans les prochaines semaines. L’Italie a en effet déjà prévenu qu’elle ne comptait pas modifier son projet de budget : «Le gouvernement italien reconnaît que l’approche qu’il a choisie en terme de politique budgétaire ne respecte pas les règles du Pacte de stabilité et de croissance», précise Giovanni Tria, le ministre des Finances, dans un courrier envoyé lundi à la Commission. «Cette décision était difficile mais nécessaire, puisque notre PIB est encore en dessous du niveau précédant la crise, et que les secteurs les plus désavantagés de la société italienne sont confrontés à des conditions économiques dramatiques».
Dans ces conditions, la Commission sera obligée de déclarer formellement fin novembre que l’Italie n’est pas dans les règles - déclaration qui devra être validée par les ministres des Finances de la zone euro. Ces derniers pourraient ensuite imposer des sanctions - un cas qui ne s’est encore jamais produit ces dernières années.
Ces tensions avec l’Italie ont toutefois un avantage accessoire pour la France, dont elle rend anecdotique l’insuffisant effort structurel (0,2% du PIB au lieu de 0,6%). Dans un courrier adressé lundi à la Commission européenne, la directrice générale du Trésor Odile Renaud-Basso a assuré que «l’écart relevé n’excède pas la marge de tolérance autorisée par les Traités».
Plus d'articles du même thème
-
Defiance lance un ETF dédié aux actionneurs d'humanoïdes
Defiance cible le maillon le plus cher et stratégique de la robotique, alors que Pékin domine outrageusement ce marché en plein essor. -
La France soutiendrait la candidature de Klaas Knot pour la BCE
Paris soutiendrait la candidature du Néerlandais pour succéder à Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne, à condition que le poste de chef économiste revienne à un candidat français, selon Reuters. Une proposition à laquelle Berlin risque fort de s’opposer. -
La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
Selon une étude de J.P. Morgan AM, les ménages français se privent d'un levier boursier pour valoriser leur patrimoine. Un manque à gagner que le gestionnaire d'actifs américain estime à 394 milliards d'euros sur les six dernières années. -
Les salariés de Veolia détiennent près de 10 % du capital de leur entreprise
Le groupe de services à l’environnement s’apprête à rejoindre le club des quelques entreprises du SBF 120, où les salariés détiennent plus de 10 % du capital : Eiffage, Bouygues, Orange, Vinci et TF1. -
Ursula von der Leyen propose une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans dans l’UE
Lors de son discours annuel de l’Etat de l’Union, présenté mercredi matin à Strasbourg, la présidente de la Commission européenne a annoncé un nouveau texte, le Kids Act, restreignant l’accès des réseaux sociaux aux mineurs. -
Inter Gestion lance Cristal Care, un nouveau véhicule à dominante santé
Six mois après l’adossement de la filiale française de Sphere Investments à Inter Gestion, le gestionnaire annonce le lancement d’une SCPI qui s’appuie sur les expertises des deux sociétés immobilières.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
Lignes de fondLa retraite, enjeu central du budget 2027 ? Tant mieux !
Il faut savoir gré au Premier ministre d’avoir mis - enfin ! - les pieds dans le plat s’agissant de l’enjeu budgétaire central de la retraite. Que les retraités aisés soient sollicités pour verser leur écot au redressement des comptes publics est sans aucun doute la mesure la moins nocive pour l’économie et l’une des plus justes sur le plan des principes. De surcroît, elle devrait s’accompagner de mesures fortes encourageant la transmission de patrimoine. Dans les deux cas, c’est la solidarité entre générations qui en sortira renforcée. -
Grand oral« Non, on n'a pas caché des pédophiles à la ville de Paris », martèle Emmanuel Grégoire
Face à la Commission d'enquête du Sénat sur les violences sexuelles dans le périscolaire, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a reconnu que l'administration de la capitale avait « pu manquer de transparence » -
Les Américains ont dépensé 100 milliards de dollars de plus en carburant depuis le début de la guerre en Iran
La hausse des prix de l'essence et du diesel oblige de nombreuses familles à réduire leur épargne et à limiter leurs dépenses dans d'autres domaines