La chute du pétrole pourrait contraindre la Norvège à puiser dans son fonds souverain
Pour la Norvège, dont près d’un quart de l’économie dépend directement de l’or noir, un cours du pétrole durablement en dessous de 50 dollars le baril est pire que la crise financière. Si elle a une nouvelle fois réfuté le mot de «crise», Erna Solberg, Premier ministre depuis 2013, a toutefois annoncé lundi soir que son gouvernement réfléchissait à diverses réformes pour tenter de trouver une réponse à la situation actuelle.
Erna Solberg a même indiqué qu’elle serait prête à puiser dans le capital du fonds souverain du pays si besoin, ce qu’aucun gouvernement n’a encore jamais osé faire.
Jusqu’à présent, la Norvège a toujours bouclé son budget grâce au rendement annuel offert par Norges Bank Investment Management, riche de 875 milliards de dollars de réserves. Mais la dégradation de l’économie, couplée à la baisse des rendements mondiaux subie par le fonds, compliquent l’équation. «Le budget de l’année prochaine sera, encore plus que cette année, focalisé sur la transformation de l’économie norvégienne, sur la compétitivité et sur la lutte contre le chômage», a prévenu Erna Solberg. Une réforme fiscale pourrait être engagée pour rendre l’économie plus favorable aux investissements.
Les nombreuses compagnies pétrolières présentes dans le pays n’ont pas demandé de nouvelles autorisations de forage depuis plusieurs mois. Leurs investissements sur place devraient chuter de 15% cette année. Elles ont déjà réduit leurs effectifs de 22.000 emplois depuis le début de 2014. Un employé norvégien sur 11 travaille directement ou indirectement dans l’industrie pétrolière. Conséquence, même s’il reste bien inférieur à celui des autres pays européens, le taux de chômage norvégien est monté à 4,3% en mai, son niveau le plus élevé de ces onze dernières années. Il avait culminé à 3,7% en 2010, après la crise financière.
La nouvelle chute des cours du Brent rend obsolète la prévision de croissance formulée en début d’année par le gouvernement norvégien. Il tablait sur une progression du PIB, hors pétrole puisé offshore, de 1,3% en 2015 et de 2% en 2016. La banque centrale de Norvège prévoit pour sa part 1,25% et 1,5%.
Mi-juin, l’institution a abaissé son principal taux directeur à 1% en indiquant qu’elle pourrait de nouveau assouplir sa politique monétaire lors de sa réunion d’automne. La flambée des prix de l’immobilier a contraint son action et retardé son intervention.
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