La Chine étend l’internationalisation du renminbi à Taïwan
Pékin poursuit le long chemin de l’internationalisation du renminbi. C’est en effet dans ce but que les banques centrales de Chine et de Taïwan ont établi un système direct de règlement des transactions en renminbi entre les deux pays, sans passer, comme c’est le cas aujourd’hui par une conversion en dollar. Taïwan devient ainsi le troisième pays à établir un tel lien, après Hong Kong et Macao.
Dans le cadre de cetaccord, la filiale de Bank of China établie à Taipei, qui assure les règlements des paiements en yuan à Taïwan, sera en mesure d’accepter les dépôts des banques locales qui disposent d’excès de liquidités en devise chinoise. Les particuliers taïwanais auront en outre la possibilité de convertir jusqu'à 20.000 yuans (2.400 euros) et d’effectuer des tranferts allant jusqu'à 80.000 yuans par jour en Chine, dans la mesure où Pékin continue de conserver un contrôle strict de ses comptes en capitaux. Les établissements financiers taïwanais sont à présent autorisés à assurer la compension de leurs règlements en yuan directement avec toute banque chinoise.
La Chine est la destination de 40% des exportations taïwanaises, alors que de nombreuses sociétés de l'ïle sont déjà installées en Chine du fait de la taille de ce marché et des coûts salariaux plus avantageux. Au mois de décembre, Taïwan bénéficiait d’un excédent commercial vis-à-vis de la Chine de 6,69 milliards de dollars. Li-Gang Liu, chef économiste chez ANZ estime en outre que cet accord se traduira par une hausse des dépôts en yuan à Taïwan à 100 milliards de yuans d’ici la fin de l’année, alors qu’ils ne représentent aujourd’hui qu’un montant limité de 21,5 milliards. «Une manière pour nombre de groupes manufacturiers du pays de gérer leurs positions en renminbi» indique ainsi Li-Gang Liu. Et d’ajouter que «la récente appérciation du yuan ne fera qu’accroître l’attractivité de la devise».
Le manque de produits d’investissement à Taïwan, nécessaires pour attirer les fonds en yuan sur l'île,devrait néanmoins limiter la portée de cet accord. La banque centrale du pays a d’ailleurs anticipé ce biais, qui risque de voir les fonds en yuan fuiter vers Hong Kong plutôt que Taïwan, en priant les banques locales la semaine dernière d'élargir la gamme de produits libellé en yuan. Elle espère en outre que des établissements financiers locaux pourront bénéficier du programme QFII qui lui permettrait d’investir en obligations et actions chinoises.
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