La Chine envoie un signal d’apaisement aux marchés financiers
Les alertes des agences de notation et des économistes qui menacent de réviser leurs prévisions de croissance du PIB du pays, la chute du marché actions et le maintien des taux interbancaires à des niveaux élevés ont enfin poussé la PBOC à réagir. Mardi, la Banque Populaire de Chine a indiqué pour la première fois qu’elle avait injecté des liquidités au bénéfice de certaines institutions financières ces derniers jours et qu’elle pourrait renouveler l’exercice.
«Les fluctuations de taux d’intérêt et la situation de liquidité peu abondante vont progressivement s’atténuer», indique un communiqué. Plus tôt, Ling Tao, directeur adjoint de la PBOC de Shanghai indiquait que la banque centrale «fera revenir les taux vers un niveau plus raisonnble, et communiquera avec les marchés pour stabiliser les anticipations».
Un mouvement très attendu et qui soulage les marchés. L’indice actions CSI 300, qui a perdu jusqu’à 6,8% hier, a limité son repli à 0,22%. Le taux au jour le jour se maintenait ce matin à 5,6% après avoir atteint 12,85% jeudi, soit plus du double de sa moyenne de 3,09% en 2013.
Il brouille cependant le «message fort envoyé par les autorités aux financements parallèles », estime GaveKal. Selon JPMorgan Chase, le montant des crédits hors bilan a doublé entre 2010 et 2012 à 36.000 milliards de yuans (4.500 milliards d’euros), soit 69% du PIB chinois.
Les autorités ont martelé ces derniers jours que cette politique fait primer la pérennité du modèle économique chinois sur les politiques de court terme de développement du crédit. D’autant que les réformes de libéralisation de l’économie se poursuivent. Un programme pilote visant à autoriser les particuliers à réaliser des investissements à l’étranger a été lancé hier. Parallèlement, Financial News indiquait que la dernière réunion trimestrielle du comité de politique monétaire de la PBOC a placé la libéralisation des marchés de taux au cœur de la stratégie de croissance des autorités.
«La croissance excessive du crédit et la dépendance de la croissance au financement interbancaire sont devenues hors de contrôle, mais la correction de ces distorsions dans un contexte de ralentissement de la croissance du pays et de marchés chahutés, peut elle aussi devenir hors de contrôle», estime toutefois GaveKal.
Une situation qui a d’ailleurs pesé sur les entreprises qui ont rapporté une chute de leurs demandes de crédit de 13 points à 38% au deuxième trimestre avec des taux en hausse de 34 pb à 7,10%, selon le China Beige Book International. Dans ce contexte, GaveKal anticipe une hausse de la prime de risque sur les actions chinoises.
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