La Chine continue de peser sur le cours des matières premières
Le poids de la Chine sur les marchés des matières premières s’est encore fait ressentir cette semaine. La dévaluation du yuan la semaine passée a été interprétée par les investisseurs comme le signal d’un ralentissement économique plus important qu’anticipé pour le premier consommateur mondial.
Alors que la Chine utilise plus de 45% du cuivre produit chaque année et plus de la moitié de l’aluminium, leurs prix ont atteint mardi leur plus bas niveau au London Metal Exchange depuis juillet 2009. Le zinc, le nickel, le plomb et l’étain ont été entraînés dans leur chute. Le prix du contrat pour une tonne de cuivre dans trois mois est tombé à 4.983 dollars à Londres au cours de l’après-midi de mardi, et se maintient depuis autour des 5.000 dollars. Au plus fort du boom des matières premières en 2011, ce même contrat dépassait les 10.000 dollars.
La chute des prix des métaux depuis le début de l’année pèse sur les résultats des groupes miniers. Glencore a ainsi annoncé hier une baisse importante de ses revenus. Or la situation économique chinoise continue de préoccuper les investisseurs. Les bourses chinoises ont connu une nouvelle baisse importante mardi de plus de 5%, avant de récupérer quelque peu hier, reprenant 1,2%. Les dépenses d’investissement dans le réseau électrique ont baissé de 1,3% sur les sept premiers mois de l’année d’après les chiffres de l’Administration nationale de l’énergie, alors qu’une hausse de 8,4% sur l’année est planifiée. Pour Daniel Morgan, analyste d’UBS à Sydney, «les autorités chinoises doivent soutenir la demande au second semestre» pour espérer voir le prix du cuivre se redresser.
Les risques sont en effet à la baisse. Des problèmes de production notamment en Zambie n’ont pas permis de réduire la production suffisamment. Le bureau mondial des statistiques pour les métaux a ainsi annoncé mercredi que la production de cuivre avait progressé de 3,8% au premier semestre, avec une surproduction de 151.000 tonnes. Pour les analystes de Barclays, même une croissance de 1% de la demande cette année serait insuffisante et «entraînerait la formation de surplus conséquents jusqu’en 2016, exerçant une pression à la baisse sur les prix du cuivre».
L’autre risque important tient au niveau du dollar. Une nouvelle hausse consécutif à un relèvement de taux par la Fed en fin d’année pousserait également les prix à la baisse.
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