La BoJ observe une pause dans son cycle d’assouplissement monétaire
Le Japon calme le jeu. A l’aube de la réunion du G20 qui se tiendra demain et samedi à Moscou et durant laquelle la question des manipulations de change sera longuement évoquée, et avant le remplacement de son gouverneur qui interviendra dans les prochaines semaines, la Banque du Japon (BoJ) a préféré observer le statu quo ce matin à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire, tant sur ses taux directeurs, maintenus entre zéro et 0,1%, que sur la taille et la nature de son programme de rachats d’actifs.
Mais l’accalmie risque d’être de courte durée. Même si la BoJ a estimé que «l'économie japonaise semble avoir atteint son point le plus bas», le PIB nippon a connu un nouveau trimestre de contraction fin 2012 d’un rythme de 0,1%, après un recul de 3,8% au troisième trimestre, selon les chiffres officiels publiés ce matin. Le consensus tablait pourtant sur un léger retour à la croissance de 0,1%. La hausse de 0,4% de la consommation privée n’a ainsi pas réussi à compenser l’effet du commerce extérieur qui a retiré 0,2 point à la croissance au dernier trimestre.
Dans ce contexte, la BoJ a d’ailleurs tenu à rappeler dans son communiqué qu’elle entendait «poursuivre une politique d’assouplissement monétaire agressive afin d’atteindre (son objectif d’inflation) par une politique de taux zéro et un programme de rachats d’actifs financiers». «Les marchés se tournent vers les décisions qui seront prises par le nouveau gouverneur de la BoJ» explique Yoshiko Takayasu, responsable chez National Australia Bank.
Or, cette nuit, Kazumasa Iwata, ancien vice-gouverneur de la BoJ et un des candidats sérieux à la succession de Masaaki Shirakawa à la tête de l’autorité, a estimé que le yen était toujours surévalué en termes commerciaux et que la poursuite de son mouvement d’affaiblissement est essentielle pour atteindre l’objectif des 2% d’inflation.
De quoi stabiliser le yen à 93,51 contre dollar et 125,67 contre euro, revenant d’un plus bas de 94,47 atteint lundi. Le Wall Street Journal indique en outre que certains des plus gros fonds d’arbitrage américains, dont le fonds de George Soros ou Greenlight Capital, Third Point ou Hayman Capital Management, ont pris des positions massives de vente sur le yen depuis quelques mois.
En outre, la nature des rachats d’actifs risque de se poser. Kazumasa Iwata s’est à plusieurs reprises montré favorable à l’extension du programme aux actifs étrangers. «Si les autorités nipponnes souhaitent voir le yen chuter contre les principales devises, ils devraient y avoir recours» estime Citigroup.
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