La BoJ donne ses premiers signes de reddition face au nouveau pouvoir
Le message est clair : la BoJ se plie au diktat du nouveau gouvernement japonais. Malgré les réserves formulées par l’actuel gouverneur de la Banque du Japon, Masaaki Shirakawa qui reste aux commandes jusqu’en avril 2013, concernant les intentions du futur nouveau premier ministre, le comité de politique monétaire a annoncé hier avoir à nouveau augmenté la taille de son programme de rachats d’actifs de 10.000 milliards de yens pour le porter à un total de 101.000 milliards. Sur cette rallonge, 5.000 milliards seront consacrés aux rachats d’obligations du Trésor (JGB) et un montant identique aux rachats de billets de trésorerie (T-bills).
«Shinzo Abe n’est même pas encore Premier ministre et on peut d’ores et déjà parler de perte d’indépendance de la BoJ» estime JPMorgan Securities. En outre, Masaaki Shirakawa a indiqué hier que le comité allait réévaluer la définition de la stabilité des prix et rendra son verdict à sa prochaine réunion du 24 janvier. Une concession à Shinzo Abe qui a fait du relèvement de l’objectif d’inflation à 2% la mesure phare de son mandat. Bank of Tokyo-MUFJ estime que la BoJ pourrait chercher un compromis en gardant l’objectif de 1% jusqu’à ce qu’il soit atteint et déclenche ensuite automatiquement le basculement vers un objectif révisé de 2%.
Une politique qui commence déjà à montrer ses limites. La hausse du yen de 0,5% suite à l’annonce de la BoJ à 83,99 contre dollar traduit, selon Bank of Tokyo-MUFJ, que «les attentes actuelles de marchés concernant l’assouplissement monétaire de la BoJ sont clairement surévaluées». Et de préciser que «dans la course à la dépréciation des devises, la BoJ reste bien derrière la Fed en termes de taille absolue et relative du programme d’assouplissement». La Fed prévoit 1.000 milliards de dollars de rachats d’actifs en 2013, contre 430 milliards pour la BoJ.
En outre, la nouvelle rallonge pourrait être consacrée, par des émissions de JGB supplémentaires de 3.000 à 5.000 milliards, à financer les 10.000 milliards de yens de dépenses budgétaires supplémentaires en 2013 consacrées aux investissements en infrastructures, selon Citigroup. De quoi abandonner l’objectif fixé par le gouvernement de Yoshihiko Noda de plafonner les émissions annuelles à 44.000 milliards de yens. Masaaki Shirakawa a alerté sur les risques de dérapage de taux que peut entraîner une politique monétaire qui finance les déficits publics.
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