«La BCE ne devrait pas baisser ses taux ce semestre»
L’Agefi: Croyez-vous toujours à une baisse du refi à 0,5% après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE)?
Didier Borowski: Oui, mais sans doute pas au premier semestre. Oui, parce que la zone euro est en récession, que les risques demeurent clairement baissiers et que l’inflation va ralentir. Mais la BCE attendra de voir si la détente financière –spectaculaire depuis l’annonce des rachats de dette souveraine (OMT) l’été dernier– est suffisante pour que la croissance redémarre au second semestre. Sinon, les pressions désinflationnistes pourraient se muer en pressions déflationnistes avec la réduction des bilans bancaires et les politiques d’austérité. Ceci dit, il faut être clair: une baisse du taux refi ne règlerait rien! Les canaux de transmission de la politique monétaire sont encore grippés. Le crédit bancaire se contracte. Une baisse de taux serait donc surtout utilisée comme un «signal» pour ancrer, si nécessaire, des anticipations de taux durablement très faibles.
Quand voyez-vous la Fed sortir de sa politique de taux très bas?
Pas avant le second semestre 2015! Les conditions macroéconomiques que la Fed s’est fixée (taux de chômage à 6,5% et/ou taux d’inflation supérieur à 2,5%) ne seront pas remplies avant. L’inflation ne va pas redémarrer de sitôt. Le rythme d’expansion de l’activité sur lequel nous tablons (2,3% en 2013) ne permettra pas au taux de chômage de baisser rapidement. Le taux de participation reste proche de ses plus bas niveaux. Les salaires ne vont donc pas s’emballer. La Fed est par ailleurs consciente que la période d’assainissement des finances publiques qui se profile sera longue. Il faudra donc l’accompagner par une politique monétaire durablement accommodante.
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