La Banque de France pousse le gouvernement à accentuer les réformes
Peut mieux faire. C’est le message envoyé hier par la Banque de France (BdF) dans le cadre de la publication de son rapport annuel. Son gouverneur, Christian Noyer, rappelle les impératifs de «redressement des comptes publics et d’amélioration de la compétitivité» de l’économie française dans sa lettre adressée au président de la République, juste avant un vote tendu des députés sur le programme de stabilité.
La BdF vise les dépenses des collectivités qui ont progressé de 13,9% entre 2007 et 2012, pour un secteur qui est le seul à avoir vu augmenter son déficit, à 9,2 milliards. Si le gouvernement prévoit une baisse des transferts de 11 milliards, la BdF s’inquiète que la tendance à la hausse des prélèvements fiscaux nécessaires pour assurer ces besoins croissants vienne «contrecarrer voire annuler» les mesures de baisses de charges prises au niveau national.
L’effort d’ajustement structurel des dépenses de 16 et 21 milliards d’euros sur 2014 et 2015 permettant de ramener le déficit public à 3% du PIB fin 2015, est salué. «La France se serait trouvée très isolée si elle avait décidé de contourner les objectifs fixés par Bruxelles ou de les ignorer», estime Deutsche Bank qui s’inquiète pourtant qu’après avoir atteint l’objectif, le gouvernement «s’arrête et ne fasse pas l’effort supplémentaire pour arriver à l’équilibre budgétaire».
Sur le volet «compétitivité», Christian Noyer se félicite de l’intégration des salaires moyens allant jusqu’à 3,5 fois le Smic dans le dispositif de réduction des charges sociales afin de stimuler les secteurs exposés à la concurrence internationale. L’effort induit de compression des coûts salariaux est estimé à 4,3% par Deutsche Bank.
«Pour qu’il ait un impact de long terme, il doit être complété par des réformes structurelles sur le fonctionnement du marché du travail», alerte néanmoins Christian Noyer. Or, le pacte de responsabilité est «très timide sur les réformes structurelles qui permettraient pourtant de soutenir le pouvoir d’achat à un coût faible voire nul pour les finances publiques», estime de son côté Deutsche Bank.
La BdF propose ainsi d'élargir «la négociation de branches ou d’entreprises sur la durée du travail ou les salaires», en s’attaquant aux seuils «qui contraignent de façon importante le développement des PME», ainsi qu’au Smic dont la «rigidité grève le marché du travail».
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