La Banque d’Angleterre fait plier la livre en s'éloignant de son objectif d’inflation
Les banquiers centraux britanniques s’étaient inquiétés récemment des conséquences d’une livre trop élevée. Mervyn King, l’actuel gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE) est parvenu hier à faire plier la devise britannique à quelque 1,15 euro (-0,7%) après avoir déclaré que l’institution d’émission était prête à tolérer une inflation supérieure à l’objectif de 2% qu’elle s'était fixé, et en confirmant que la reprise de l’économie britannique serait lente. «D’une manière ou d’une autre, nous devons clairement changer le prix relatif des biens que nous produisons», a-t-il ajouté, laissant ainsi entendre qu’il approuve l’affaiblissement de la devise britannique.
En séance, la livre a même dégringolé à un plus bas jamais atteint en 6 mois face au dollar. Les investisseurs ont eux aussi fortement réagi sur les marchés obligataires. Le taux long britannique à 10 ans s’est tendu de plus de 10 points de base à 2,205%.
«L’inflation va vraisemblablement croître davantage à moyen terme et pourrait s’inscrire au-delà de l’objectif de 2% au cours des deux prochaines années», a déclaré Mervyn King qui s’exprimait lors de la présentation du dernier rapport de la BoE sur l’inflation, publié mercredi. Le taux d’inflation britannique actuellement de 2,7% devrait encore augmenter alors que la BoE dans son dernier rapport de novembre s’attendait à ce que l’objectif de 2% soit atteint au premier trimestre 2014. Or, d’après les nouvelles projections, il ne devrait pas être atteint avant 2015, souligne Mauro Giorgio Marrano, analyste chez UniCredit.
Rien dans le rapport ne suggère que la banque centrale s’apprête à prendre de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire, ajoute cependant l’analyste. Un sentiment partagé par David Tinsley, économiste chez BNP Paribas qui considère qu’aucune mesure incitative supplémentaire ne devrait être prise d’ici à la fin du mandat de Mervyn King qui doit passer le relais au canadien Mark Carney début juillet.
La semaine dernière lors de sa dernière réunion de politique monétaire, la BoE a laissé son principal taux d’intérêt inchangé à 0,50%, et maintenu le montant global de rachat d’actifs à 375 milliards de livres. La menace d’une troisième récession en quatre ans plane sur l’économie britannique qui a reculé de 0,3% au quatrième trimestre de 2012.
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