KKR élargit sa base d’actifs avec Marshall Wace
Soumis à rude épreuve cet été, en particulier ceux investis en matières premières, les fonds alternatifs restent des cibles de choix pour les grands fonds de private equity qui cherchent à élargir leur base d’actifs et de clientèle. KKR tire ainsi parti de son bilan confortable pour prendre une participation de 25% dans le hedge fund londonien Marshall Wace. Le fonds new-yorkais dirigé par les cousins Henry Kravis et George Roberts dispose d’une option pour se hisser jusqu'à 40% du capital sur une période de cinq ans.
Sans dévoiler le prix exact de la transaction, KKR indique mettre sur la table des titres valorisés 144 millions de dollars au cours de mardi ainsi que du numéraire. Le fonds d’investissement, qui gère quelque 102 milliards de dollars d’actifs, poursuit sa politique d’acquisitions stratégiques, sous la forme de participation minoritaires, après celles menées l’an dernier auprès du gérant de crédit BlackGold Capital Management et en 2013 avec Nephilia Capital, un gestionnaire de fonds de réassurance.
Fondé en 1997 par Paul Marshall et Ian Wace, le fonds gérait à fin août plus de 22 milliards de dollars d’actifs. Le hedge fund, qui se concentre sur des stratégies actions long-short liquides ou opportunistes, précise que la majorité des fonds reçus dans le cadre de la transaction seront investis dans ses véhicules ou détenus sous forme de titres KKR. La firme américaine et le fonds d’arbitrage prévoient de faire bénéficier mutuellement leurs clients des offres qu’ils commercialisent actuellement séparément.
«Pouvoir disposer d’une gamme complète de solutions a beaucoup de valeur pour des clients qui consolident leurs liens avec les gérants», estime Scott Nuttal, responsable chez KKR du groupe «Global Capital et Asset Management». KKR n’est pas le seul gérant à s'être lancé sur cette voie de la diversification via une entrée au capital d’autres sociétés de gestion. Carlyle s’est notamment positionné sur ce terrain au cours de ces dernières années au travers de Claren Road Asset Management, Emerging Sovereign Group et Vermilion Asset Management.
Des actifs qui ont été sérieusement secoués par les récentes turbulences sur les marchés. Vermillion AM s’est séparé de ses fondateurs, tandis que Claren Road AM a reçu courant août des demandes massives de remboursement. Blackstone, de son côté, a pris cette année un ticket minoritaire dans Magnetar Capital Partners et Solus Capital Partners, dont les dirigeants cherchaient un moyen de monétiser leurs titres et de débuter un processus de transition. Le géant de la gestion alternative (private equity, dette, immobilier...) a levé quelque 3 milliards de dollars pour prendre des participations de 15% à 25% dans des fonds établis. Un mouvement qui sera donc appelé à se poursuivre.
Moins spectaculaires que des opérations capitalistiques, les fonds de private equity nouent aussi des partenariats pour séduire des clients jusque-là délaissés. Apollo et Carlyle ont ainsi dévoilé au mois de juillet des accords respectifs avec Ivy Investment Management et TCW Group pour cibler les investisseurs individuels. Le niveau moyen de leurs actifs consacrés à la gestion alternative ne dépasse pas 1%.
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