JPMorgan sanctionne la politique restrictive de change du Nigeria
JPMorgan fait trembler les marchés nigérians. En décidant d’enclencher une phase de retrait progressif du pays de ses indices obligataires souverains émergents indexés en devises locales «GBI-EM» pour une durée d’au moins un an, la banque américaine a entraîné une forte hausse du rendement des obligations d’Etat du Nigeria de maturité 2024 de 80 pb sur la seule séance d’hier, à un niveau de 17%.
L’indice actions de la Bourse du Nigeria reculait quant à lui de 3% hier et a cédé 18% depuis avril en passant sous le seuil symbolique de 30.000 points. L’ensemble des actions du pays cotées dans l’indice MSCI des marchés frontières encaissait une chute supérieure à 2,5% hier. Le Nigeria représente 1,5% des 184 milliards de dollars d’actifs logés dans l’indice «GBI-EM».
La décision de JPMorgan intervient après les inquiétudes des investisseurs sur la liquidité des marchés locaux suite à l’introduction de mesures de restriction sur les changes prises par la banque centrale. Celle-ci voulait ainsi enrayer la chute de la devise, consécutive à celle du prix du pétrole. Après s’être déprécié de 27% en six mois contre dollar, le taux de change du naira s’est stabilisé depuis février entre 198 et 200, au prix d’un gel partiel des transactions sur le marché interbancaire. «Le marché obligataire est illiquide et le volume des transactions est faible», confirme BNP Paribas. Dans ce contexte, les détentions de dette locale par les investisseurs étrangers ont chuté à 3 milliards de dollars, après avoir atteint un plus haut de 11 milliards au cours de l’année 2013, selon Standard Chartered.
«Les investisseurs attendent toujours la formation d’un nouveau gouvernement qui pourrait intervenir avant fin octobre, mais une levée de l’arrimage du naira au dollar semble jusque-là très improbable. D’autant que les réserves de change de la banque centrale ont progressé récemment après le renforcement des contrôles de capitaux interdisant aux sociétés locales d’accepter des dollars et aux banques des dépôts en dollars», ajoute BNP Paribas.
Le Nigeria est le plus important producteur africain de pétrole brut, qui représente près de 90% de ses exportations totales et les deux tiers de ses recettes fiscales. La chute des prix du pétrole, et le maintien de taux directeurs à 13% pour enrayer l’inflation alimentée par la chute du naira, ont sérieusement terni les perspectives du pays.
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