Investisseurs immobiliers recherchent actifs sécurisés désespérément
Un certain optimisme aura flotté sur la Croisette. La session 2011 du Salon international de l’immobilier, le Mipim, se clôt aujourd’hui à Cannes sur un bilan plutôt positif. L’étude internationale de Cushman & Wakefield présentée mercredi indique qu’en 2010, les investissements mondiaux ont crû de 42%, portant les flux investis à 430 milliards d’euros. Soit un niveau d’investissement parmi les trois plus importants sur ces dix dernières années. Londres, Tokyo, New York et Paris auront été les places de prédilection.
Côté marché européen, la capitale britannique a connu un redressement spectaculaire, notamment sur le second semestre 2010 et comptabilise pas moins de 21,1 milliards de dollars investis sur toute l’année tandis que Paris, marché moins atteint par le décrochage de l’immobilier tertiaire collectait 11,7 milliards de dollars. «Londres est un marché plus opportuniste que la place parisienne, réputée plus stable», souligne Olivier Gérard, président de Cushman & Wakefield France. D’ailleurs, devant l’impressionnante remontée des prix, de nombreux investisseurs renoncent désormais à s’orienter vers Londres, lui préférant Paris et sa région.
Problème, la majorité des candidats à l’acquisition s’oriente vers des immeubles identiques: bien situés et bien loués. Or l’offre reste inférieure à la demande. «Il faut donc impérativement renouveler le stock, insiste Olivier Gérard, et que soient relancées des opérations en blanc. La demande placée restant insatisfaite, notamment en Ile-de-France, nous avons la possibilité de trouver des utilisateurs de premier plan, en attente de surfaces neuves». Un appel lancé aux banquiers, peu enclins à soutenir des opérations non prélouées.
«La crise nous aura appris que les portefeuilles (loans) les plus résilients ont été ceux dont l’analyse des sous-jacents immobiliers a été la plus fine», souligne Emmanuel Verhoosel, responsable produits structurés chez ING Real Estate. Si les banques resteront encore frileuses, les acteurs riches de fonds propres sont sur les rangs. «Les fonds souverains, jusqu’à présent exposés à l’immobilier par l’intermédiaire de fonds, manifestent un vrai désir d’acquisitions en direct», souffle Olivier Gérard. Echaudés par la difficulté de sortir d’un fonds de private equity immobilier, ces derniers créent actuellement des équipes locales ou se tournent vers des asset managers.
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