«Il est peu probable que le crédit européen reproduise sa performance de 2012»
- L’Agefi : Comment voyez-vous évoluer le marché du crédit ce semestre ?
- Stefan Isaacs : Il est peu probable que le crédit européen reproduise une performance à deux chiffres comme en 2012, mais je reste positif sur cette classe d’actifs. Le crédit dit «investment grade» pourrait générer des rendements positifs à un chiffre avec une faible volatilité, caractéristique historique de cette classe d’actifs. Dans le même temps, les obligations dites «high yield» continuent d’offrir aux investisseurs l’une des meilleures sources de rendement réel dans l’environnement actuel de taux bas. Notre vision est renforcée par la bonne santé des entreprises. En effet, au cours de ces dernières années, elles ont été gérées de manière plutôt conservatrice et ont considérablement réduit leur niveau de dette par rapport à leurs revenus. Aujourd’hui, les entreprises s’endettent modérément mais à un rythme soutenu, rien de comparable au niveau de l’après-crise.
- Dans ce contexte, quelle est votre stratégie?
- D’un point de vue macroéconomique, je reste globalement positif sur les Etats-Unis, mais prudent sur l’Europe où la croissance demeure faible et le chômage en constante augmentation. Un éclatement imminent de la zone euro semble écarté mais je pense que l’incertitude politique et les conflits sociaux dans la zone périphérique pourraient présenter des risques dans le futur. Je continue à me positionner sur des secteurs générateurs de rendement et sur des émetteurs solides, principalement basés dans les plus fortes économies. Du côté des financières, je préfère actuellement la dette subordonnée émise par les banques et les assureurs les plus solides. Je suis actuellement en train d’augmenter progressivement mon exposition à ce secteur.
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